La mer - Chants et gens de mer

La mer

ses chants et ses gens

Dès les premiers âges de l'humanité, les hommes se sont rassemblés aux abord des cours d'eaux afin de construire les premières sociétés.

Les uns empruntaient les voies de terre, les autres les voies d'eau, ainsi étaient les gens d'à terre et les gens d'à bord.

Dès les premiers âges de l'humanité, les hommes chantent

et expriment vocalement ce qu'ils ressentent de ce qu'ils vivent.

Lorsqu'ils vivent la mer, il l'a chante et transmettent leurs chants par la tradition orale.

Au temps de la marine à voile, le chant de marins avait une importance particulière :

sa principale fonction était de rythmer et ainsi synchroniser le travail en équipe.

Sur tous les bateaux du monde, les chants de marins répondaient au besoin de synchroniser les efforts.

On en trouve donc dans tous les pays ayant une tradition maritime et à toutes les époques jusqu'à l'abandon de la voile à la fin du 19e siècle et le passage de la force musculaire à la force mécanique.

Depuis, les chants de marins restent vivants dans les régions de tradition maritime, notamment parce qu'ils sont un moyen de reconnaissance identitaire.

On trouve donc différents chants et parmi eux le plus important, le chant de travail :

Chants à hisser, pour rythmer la montée des voiles hissées à la force des bras par un jeu de drisses sur poulie

Chants à virer, au cabestan, au guindeau, pour donner la cadence et coordonner l'effort.

Chants à pomper, pour rythmer le travail sur la pompe chargée d'évacuer l'eau de mer infiltrée au cours de la traversée.

Chants à nager ("ramer", dans le vocabulaire des gens d'à terre), pour rythmer et coordonner le mouvement des avirons.

Le chant de marins était entonné par des personnes ayant peu ou pas de formation musicale.

Sa structure est donc généralement simple (une suite de couplets simples entrecoupés d'un refrain), la mélodie est facile à mémoriser et les paroles font explicitement référence au milieu professionnel dans lequel vivent les marins.

L'instrument essentiel était la voix. 

 D'autres catégories de chants tels, les chansons d'agrément, du gaillard d'avant, de ports et de tavernes, les complaintes et chants à danser.

Ainsi sont parvenu jusqu'à nous un répertoire conséquent.

Les temps changent et avec eux, les traditions, les hommes, la navigation, les techniques, les métiers de l'eau mais le regard de l'homme sur la mer et ce qui le porte à la chanter semble immuable.

Peu de ces chansons ont été publiées avant le 20éme siècle mais celles qui le sont, font actuellement partie des chansons incontournables et "standardisées" par les transmetteurs de traditions et adaptées pour "le grand public" par les professionnels du spectacle.

Cela étant, les chants de mer ont le vent en poupe et ses interprètes ne manquent pas en ce début de seconde décennie du 21éme siècle.

Parmi ces interprètes, nombreux sont les auteurs contemporains qui continuent cette tradition.

 

Cette page est donc consacrée aux chants anciens et contemporains qui évoquent la mer et ses hommes. 

Louis Garneray

Louis Garneray

Corsaire peintre des corsaires

 

Ambroise Louis Garneray né le 19 février 1783 à Paris, où il est mort le 11 septembre 1857, est un corsaire, peintre de la Marine, dessinateur, graveur et écrivain français, précurseur du roman d'aventure maritime. Il connut une vie d’aventurier avec Surcouf et Dutertre, il fut huit ans prisonnier des Britanniques.

Fils aîné de Jean-François Garneray, peintre du roi, qui fut élève de Jacques-Louis David, Ambroise Louis Garneray est né rue Saint-André-des-Arts, dans le Quartier latin. À l’âge de treize ans, il s’engage dans la marine comme pilotin à l'incitation de son cousin, Beaulieu-Leloup, capitaine de la frégate La Forte et embarque à Rochefort pour donner corps à ses rêves d’aventures et de gloire.

Il part pour l’océan Indien avec la division de frégates Sercey à laquelle appartient la Forte.

Toute sa carrière maritime se déroule dans l’océan Indien avec l’île de France (actuellement l’île Maurice) et accessoirement l’île Bourbon (la Réunion) comme bases. Il participe aux différentes campagnes de la division Sercey et connaît son baptême du feu lors de la bataille contre les vaisseaux de ligne Arrogant et Victorious. Il sert ensuite en 1798 sur la corvette Brûle Gueule qui croise en compagnie de la frégate la Preneuse. Au retour de la croisière, il participe au second combat de la Rivière Noire où les deux modestes bâtiments français réussissent à repousser deux vaisseaux britanniques.

En 1799, il est timonier et « premier peintre du bord » sur la Preneuse sous les ordres du capitaine Jean-Marthe-Adrien Lhermitte. La frégate est la dernière force officielle française de tout l'océan Indien. Cette croisière va de catastrophe en désastre, malgré un combat exceptionnel contre le vaisseau britannique le Jupiter. Au retour à l'île de France, alors que son équipage est décimé par le scorbut, la Preneuse échouée et démâtée doit se rendre aux forces britanniques faisant le blocus de l'île.

Garneray échappe à la captivité en regagnant la côte à la nage. Malgré le désastre de la campagne, Garneray gardera une admiration sans borne et une grande amitié pour le capitaine Lhermitte qu'il continuera à visiter jusqu'à la mort de celui-ci en 1826. Faute de navires officiels, il s’engage sur la Confiance de Surcouf comme enseigne, d’avril à décembre 1800.

Il participe à la prise à l'abordage du Kent, l’exploit le plus célèbre du corsaire, en octobre 1800. Ce sera la seule occasion pour laquelle Garneray gagnera un peu d’argent en tant que marin.

Au retour, malgré ses dénégations peu crédibles dans ses mémoires écrits bien des années plus tard alors que la traite des Noirs est interdite, il investit ses parts de prise dans un bâtiment négrier l'Union sur lequel il est capitaine en second. Il navigue sur différents navires marchands pendant la paix d'Amiens puis sert à la reprise de la guerre sur un cotre, le Pinson basé à l'île Bourbon. Il remplace le commandant décédé, mais fait naufrage peu après.

Il sert ensuite sur le corsaire le Tigre du Bengale et enfin sur la frégate l'Atalante attachée à l'escadre Linois. Il est ensuite sur la Belle Poule prise en mars 1806 en même temps que le vaisseau le Marengo, alors que Linois essaie de regagner la France. Blessé, il est conduit au Royaume-Uni et passe les huit années suivantes dans l'enfer des pontons en rade de Plymouth : successivement sur le Protée, la Couronne et la Vengeance.

Il met cet enfermement à profit pour peindre, ce qui lui permet d’améliorer son ordinaire, grâce aux commandes d’un marchand de tableaux britannique. « Excepté la piraterie, je crois que j'ai pratiqué à peu près tous les genres de navigation. » En 1814 la guerre prend fin, libéré le 18 mai, à son retour du Royaume-Uni il ne trouve pas d’emploi dans la marine commerciale et reste à Paris où il se consacre à la peinture. Probablement grâce à l'un de ses frères, lui-même peintre et graveur et qui a ses entrées dans l'entourage de l’Empereur de retour, il reçoit sa première commande officielle : la rencontre de l'Inconstant et du Zéphir, anecdote du retour de l'île d'Elbe.

En fait il ne réalisera cette toile qu'en 1834, car il juge plus opportun dans l’immédiat de la Seconde Restauration de peindre une « Descente des émigrés français à Quiberon » qui lui permet d’exposer au Salon de Paris de 1815. Il sera toutes les années suivantes un habitué de ce Salon. Employé par le duc d’Angoulême, alors grand amiral de France, il devient par concours son peintre attitré en 1817.

Il est de ce fait le premier peintre officiel de la Marine, corps qui ne sera constitué que quelques années plus tard avec Gudin et Hué, corps qui existe toujours au sein de la marine nationale. Entre 1821 et 1830, il se rend dans de nombreux ports de France où il réalise d’innombrables croquis qui serviront de base à des gravures ou des toiles.

Il illustre aussi la bataille de Navarin. En 1833, il est nommé directeur du musée de Rouen. Puis il intègre la Manufacture nationale de Sèvres. Il développe dans les années 1830 un nouveau procédé de peinture, l'aquatinte et développe aussi une importante activité de gravure. Dans les années 1840, sa renommée semble s'être estompée et il perd la plupart de ses appuis politiques et vit assez pauvrement.

Proche de Napoléon III, dont il avait participé au coup d'État manqué de Strasbourg, il connaît un bref retour de gloire au début du Second Empire : il reçoit la Légion d'honneur en 1852 des mains du vice-amiral Jacques Bergeret et est même reçu par l'Empereur.

Atteint d’un tremblement qui l’empêche d’écrire et qui complique son travail de peintre, il meurt quelques mois seulement avant le mystérieux assassinat de son épouse. Garneray est inhumé au cimetière Montmartre, où l’un de ses proches lui a consacré une stèle sculptée de motifs rappelant divers aspects de sa vie (entre autres une palette de peinture, un mât de bateau et la croix de la Légion d'honneur). L’œuvre picturale de Garneray se compose de 141 tableaux, 176 gravures et 22 aquarelles.

Une partie de ses travaux est directement inspirée par sa vie aventureuse, telle la toile la Prise du Kent par Surcouf, l’autre entre dans le cadre de sa fonction de peintre de la marine, dans la droite ligne de Claude Joseph Vernet et Nicolas Ozanne. Il réalise notamment 64 vues de ports français et 40 vues de ports étrangers (gravures), suite aux voyages effectués dans les années 1820.

Certaines d’entre elles sont données à la Chambre de Commerce de Paris par l’industriel chocolatier Meunier. Ses deux frères Hippolyte et Auguste, ainsi que sa sœur Pauline, ont également pratiqué la peinture, dans une moindre mesure. Cela explique les variations de signatures (tantôt Garneray, tantôt Garnerey), qui devaient servir à distinguer l'un ou l'autre des membres de cette dynastie de peintres.

Dans son livre Moby Dick, l'écrivain américain Herman Melville critique sévèrement les différentes représentations des cétacés, cachalots et baleines, réalisées par les différents peintres mondiaux, à l'exception de deux estampes françaises faites d'après les peintures de Garneray. « Entre toutes, et de très loin les meilleures et les plus réussies des gravures donnant des baleines et des scènes de pêche, même si quelques petits détails ne sont pas d'une précision très absolue, ce sont deux estampes françaises, faites d'après les peintures d'un certain Garneray».

Un peu plus loin l'auteur américain précise : « Qui est ce Guerneray, le peintre, ou qui il fut, je l'ignore. Mais je suis prêt à jurer sur ma vie ou bien qu'il a réellement pratiqué son sujet, ou bien qu'il a été merveilleusement conseillé et enseigné par un baleinier de longue expérience ». De ses aventures maritimes, il a fait des récits fougueux qui en font l’un des précurseurs du roman d’aventure maritime.

Batailles, abordages, navires coulés, il décrit aussi la vie à bord que ce soit en tant que marin de la Royale ou en tant que corsaire ; mémoires également si soucieux de vérité qu'ils ne parurent au xixe siècle que sous des éditions édulcorées.

Ses ouvrages, dans leur version la plus authentique, comblent les attentes de tout amateur de biographies héroïques et d'histoire maritime. La vie des prisonniers français sur les pontons britanniques sera aussi décrite.

Dès son séjour à Rouen, il commence à publier quelques articles sur ses souvenirs de mer et de captivité. Il adresse au ministère de l’Éducation en 1847 une série de récits manuscrits qu’il a rédigés à partir de ses propres souvenirs ainsi que d’histoires d’autres marins dont il avait eu connaissance dans l’océan Indien, pour qu’il en soit fait usage pour « l’édification de la jeunesse ».

Le ministère lui adresse un refus poli. Sa célébrité posthume viendra d’éditeurs qui, dans les années 1860, poussés par la mode des mémoires plus ou moins apocryphes de combattants de la Révolution et de l’Empire, récupèrent ses manuscrits et les publient en trois volumes sous le titre Aventures et Combats, non sans réécriture partielle – Édouard Corbière est soupçonné d’avoir été l’un des « nègres » – quitte à rajouter quelques éléments rocambolesques : l’invraisemblable empoisonnement de Lhermitte à l'île de France, anecdote fantaisiste reprise par nombre de biographies sommaires du capitaine (il souffrit en fait de 1798 à sa mort d'une maladie tropicale, probablement une forme aiguë de paludisme) et la tortueuse histoire de la mort de Kernau par exemple ou à attribuer à Garneray des anecdotes survenues à d’autres personnages (le naufrage de l’Amphitrite) que, certes Garneray avait probablement consignées mais rien ne prouve qu’il se les étaient appropriées. D’où une réputation de manque de sérieux de ces mémoires.

Pourtant, ses écrits, « sentant fort le goudron », tout au moins sur les années 1796 – 1800 et son très émouvant Mes Pontons constituent un témoignage irremplaçable sur la vie à bord d’une frégate, sur les combats de la campagne de Sercey, sur la vie à l’île de France, sur les croisières de la Preneuse et de la Confiance et sur l’enfer insalubre des mortels pontons britanniques. Si sa vision des événements est parfois un peu naïve, tout au plus peut-on lui reprocher d’être parfois, de son poste sur la dunette, quelque peu « Fabrice à Waterloo ». Après tout, un pilotin de 13 ans ou un aide timonier de 16, ne sont pas censés être dans le secret des états-majors, même si son éducation – il savait lire, ce qui n’était pas si fréquent sur un navire de guerre à la fin du xviiie siècle – et son talent naissant de peintre lui ont permis d’entretenir des relations avec certains officiers et capitaines et d’être considéré au-dessus de son rang de simple matelot. Ses aventures, écrites, réécrites, remaniées, édulcorées dans des éditions pour la jeunesse en font l’un des précurseurs du roman d’aventure maritime.

 

Captivité de Louis Garneray, neuf années en Angleterre, mes pontons, Ed. Gustave Barba, 'Panthéon populaire illustré', Ill. de l'auteur et Janet-Lange, 2e moitié du xixe siècle Le Négrier de Zanzibar, ill. Ch. Hallo, Ed. Mame, 1939 Mes Pontons - Suite - Aux mémoires d'un vrai matelot, Ed. Eugene Ardant et Cie, Voyages, aventures et combats, en 2 tomes, Ed. La roue solaire, 1944 Voyages, aventures et combats, Ill. de J. Lechantre, Ed. Balzac, 1944 Voyages, aventures et combats. Pirates et Négriers, Ill. de Timar, Ed. De la nouvelle France, 1944 Voyages, aventures et combats. Marins de Surcouf, Ill. de Timar, Collection La vie exaltante no 10, Ed. De la nouvelle France, 1945 À l'abordage avec Surcouf, Ed. du Cercle d'Or chez J. de Gigord, Histoires et Histoire, 1946 Voyages et combats sur mer, Bibliothèque précieuse, Ed. Gründ, 1957 Corsaire de la République. Voyages, aventures et combats, Paris, Phébus, 1984 ; Rééd. Payot, 1991 Le Négrier de Zanzibar, Voyages, aventures et combats, Paris, Phébus, 1985 ; Rééd. Payot, 1992 Un corsaire au bagne. Mes pontons, Paris, Phébus, 1985 ; Rééd. Payot, 1992. Les Naufragés du Saint Antoine, Saint-Malo, l'Ancre de Marine, 2002, (ISBN 2-84141-178-8) Corsaires de Bretagne, Collectif dont Garneray, Éditions Astoure, 2004, (ISBN 978-2845830745) Scènes maritimes, en 2 tomes, Peintures, Ed. Découvrance, 2006 Moi, Garneray, artiste et corsaire, Mémoires présentées par D. Le Brun, Ed. Omnibus, 2011, (ISBN 978-2-258[à vérifier : ISBN invalide])- 08798-9 Diverses éditions pour la jeunesse : La Prison flottante (Mes Pontons), adaptation et préface de Louis Saurel, Ed. Nathan, collection aventures et actions, 1947 Mes Pontons, édition revue pour la jeunesse par A.Lacabe-Plasteig, illustrations de Desroches, Librairie d'éducation nationale, Editions Alcide Picard, Paris Aventures et combats, Hachette, Bibliothèque verte, 1949 Un corsaire de quinze ans, Adaptation de Jean SABRAN (= P. Berna), G.P. Rouge & or "Souveraine" no 33, 1950 Un marin de Surcouf, G.P. Rouge & or "Souveraine" no 42, 1950 À l'abordage, couverture illustrée par F. Craenhals, Éditions Marabout Junior no 5, vers 1950 Lieutenant de Surcouf, ill. Batet, Hachette, Bibliothèque verte, 1956 15 histoires de corsaires, Girault Yvonne & Garneray Louis, collection 15 HISTOIRES dirigée par Claude APPELL, 1968

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Histoires de pirates - Pirates dans l'histoire.

Histoires de pirates - Pirates dans l'histoire.

 

 

La piraterie du 15ème au 18ème siècle

Activisme politique ou Le rêve d’une société alternative

Loin de l’imagerie Spinalienne, des clichés et autres caricatures carnavalesques attribués aux pirates et à l’histoire de la piraterie en général, (réduite temporellement aux 17ème et 18ème siècles, alors que comme je le disais dans un article précédent, la piraterie à toujours existé et ce depuis que les hommes pratiquent le transport sur la voie d’eau).

J’aimerais dans cet article faire un résumé de ce qui apparaît au regard des ouvrages sur le sujet concernant l’aspect politique et philosophique de la piraterie.

Tout commence par le (long) processus de décloisonnement des mondes initié par l’infant Henri le navigateur, ministre de l’expansion Portugaise à l’origine des grandes expéditions maritimes Européennes (« l’infant de la mer » de Ph. D’Estailleur Chanteraine/Ed.Les sept couleurs).

Quelques dates inhérentes à ce processus : 1415 marque la 1ère installation européenne (Portugal) sur le littoral Africain avec la prise de Ceuta par l’infant Henri ; 1434, franchissement du cap Bojador par le Portugais Gil Eanes ; 1487, franchissement du cap de bonne espérance (cap des tempêtes) par Bartolomeo Dias.

A savoir que les Chinois qui connaissaient déjà l’usage de la boussole deux siècles avant notre ère bourlinguaient déjà dans la mer de Chine et au-delà à partir du début du 15ème. Sans compter à cette époque, également les Génois, les Vénitiens, Aragonais, Castillans et Français.

Je passerai l’épisode bas-moyenâgeux concernant l’épopée maritime de Brendan, sensé avoir découvert les Canaries et probablement Madère et les Açores. Il me semble tout de même important de citer les Canaries, Madère et les Açores en cela qu’elles sont en ce débutde 15ème siècle, des escales quasi obligatoires pour le ravitaillement en eau, en denrées et surtout en bois pour réparer les bateaux (Madère signifie « bois » en Portugais, était une vaste forêt).

Au-delà de ces îles, on croyait les mers peuplées de monstres en tous genres, la mer effraie autant qu’elle attire la curiosité qui bientôt aura raison des peurs avec le goût du risque et de l’aventure.

 

L’aventure transatlantique

A partir de la découverte par Colomb des îles de l’Amérique centrale et de ses richesses aurifères, les voyages des (pirates) découvreurs n’auront de cesse.

Je précise pirates car il s’agit bien de piraterie en cela que terres, biens et richesses des autochtones furent pillés et les populations décimées.

C’est d’ailleurs les génocides (à commencer par celui de Colomb aux Bahamas) qui ont incités les « Conquérants* » Européens à multiplier la traite des populations Africaines pour les envoyer sur ces îles exsangues afin d’alimenter le marché de l’esclavage.

Ainsi, Jean Cabot atteindra l’île du Cap Breton, Vasco de Gama, Calicut etc.

Tout cela empreint de désir d’évangélisation, de curiosité scientifique, ethnologique et ethnographique et sous couvert d’expansion du Christianisme masquant la soif de richesse et l’âpreté du gain pour les nantis de ce monde.

Autrement dit, de l’expansion capitaliste de quelques privilégiés de la haute société, de la noblesse et de la monarchie.

En effet, la monarchie de Philippe II d’Espagne s’impose comme étant la 1ère puissance mondiale par le jeu des alliances dynastiques.

Près d’un siècle avant, le 4 mai 1493 à Rome, le pape Espagnol Alexandre VI partage le monde entre Portugais et Espagnols en traçant une ligne de démarcation entre les possessions territoriales de ces deux nations frappant d’excommunication tout étranger qui s’aventurerait au-delà de cent lieues à l’ouest des Açores.

 

Déjà, pirates et corsaires écumes les mers et les côtes afin d’intercepter les bateaux regorgeant des richesses du nouveau monde (Colomb contraint de se mettre à l’abri à Madère lors de sont 3ème voyage, par des pirates Français).

Après la mort d’Isabelle la catholique (1504) Henry VIII esquisse les bases de la royal navy jusqu’à ce que sa fille Elisabeth1ère fasse de l’Angleterre une véritable « nation pirate ». François la Salamandre 1er du nom se lance à son tour à la conquête des Indes occidentales avec Verrazzano(1523)(New-York), les Parmentier (1529) (Sumatra) et Cartier (1534)(Canada).

Il est utile de préciser qu’à partir de 1503 en Espagne (Séville), fût créée une nouvelle cellule royale du nom de « Casa de contracion » (maison de traite) qui avait l’entière responsabilité de la navigation et du commerce transatlantique, chargée d’organiser le trafic, former un corps de pilotes, tracer les routes, contrôler la garantie des perceptions aux arrivées de la part revenant au roi, de la taxe prélevée sur les échanges et de tenir une comptabilité rigoureuse de tout ce qui sortait et arrivait en Espagne issu des courses transatlantiques.

Un système administratif et comptable bien rôdé, mais prenant des proportions telles qu’il fallut élaborer un système de contrôle où les contrôleurs (subalternes) devaient être à leur tour contrôlés par des officiers eux-mêmes contrôlés par des employés supérieurs.

Mais les vices de ce système (efficace d’un certain point de vue, ne l’était pas d’un autre) conduisait à des fraudes et activités de contrebande du fait des colons, contraint de payer des taxes (le Quint royal).

La flibuste Antillaise naquit de cette contrebande.

Autrement dit, et afin de clore ce chapitre, il est d’évidence que la piraterie résulte d’un capitalisme ambitieux, meurtrier et ne servant qu’aux élites et nantis de ce monde.

La fin du moyen âge fit donc place à la Renaissance, mais renaissance de quoi sinon celle de l’empire de Rome que l’on croyait être une marque du passé.

Idéaux révolutionnaires de l’utopie radicale démocrate « Gardiens des droits et des libertés des peuples »

Fondements sociaux

 

Le pouvoir monarchique qui dominait l’Europe et le monde à la fin du 17ème allait être soumis à controverses par des idéaux révolutionnaires pour l’époque.

En effet, les classes dirigeantes (Anglaises notamment) s’étaient attachées à instaurer un système capitaliste régulé, grâce au commerce de métaux précieux, d’épices, d’étoffes, de divers produits issus des prises mais aussi d’esclaves.

La majorité des pirates de l’Atlantique étaient d’anciens marins des navires marchands qui s’enrôlaient comme volontaires après la prise de leur vaisseau. 

La piraterie tolérée, contrôlée et quelquefois fomentée par les pouvoirs monarchiques avait longtemps servi ces pouvoirs, les besoins de l’état et la communauté marchande.

Mais son contrôle allait progressivement passer du haut de la société au bas, des hauts fonctionnaires d’état, et puissants marchands, aux petits marchands et gueux des mers. Dès 1690, marins ordinaires et pirates commencèrent à esquisser puis organiser un monde en marge et contre les dictas de l’autorité mercantile et impériale.

L’organisation sociale des pirates issue de sources ancestrales allait de l’utopie paysanne traditionnelle de la « terre de cocagne » (abolition du travail, redistribution des propriétés, nivellement des classes sociales, couverture de santé et abondance de nourriture) jusqu’aux coutumes maritimes de l’antiquité et du moyen âge imposant aux marins un partage en parts égales des richesses et des biens ainsi qu’à la mise en place d’un conseil consultatif collectif et démocratique concernant les « affaires et questions de la vie à bord ».

La piraterie qui profitait aux classes supérieures du nord de l’Europe occidentale contre l’Espagne allait devoir faire face aux droits coutumiers élaborés par les hommes de mers renégats et pilleurs.

On ne peut passer à titre d’exemple, la société des boucaniers, société multiraciale comprenant les « proscrits de toutes nations » qui comptait dans ces rangs tous les hommes et femmes ayant subi les infortunes du sort et de condition désespérée.

Ainsi, anciens prisonniers, vagabonds, prostituées, esclaves et domestiques en fuite, hérétiques, exilés et autres bannis constituaient une nouvelle société aux Caraïbes.

La culture des boucaniers prend sa source dans la vague des révoltes paysannes de France au début du 17ème siècle contre le fisc royal et la prolifération des agents de la Couronne (1630).

Cette date marque le début de la flibuste aux Antilles.

Les protagonistes de ces soulèvements populaires avaient fait preuve d’une extraordinaire capacité d’auto-organisation passant par la constitution de communes, élection de députés et promulgation d’ordonnances au nom du « commun peuple ».

A cela, il faut ajouter les idées de l’Angleterre révolutionnaire de 1660 prônées par les radicaux Anglais qui émigrèrent aux Indes occidentales à cette période.

Les sources principales de ces organisations se trouvent dans l’expérience du travail, des salaires, des codes sociaux, de l’autorité et de la vie en mer.

 

En 1701 après la guerre de Succession d’Espagne, les conditions de travail dans la marine marchande se détériores au point que bon nombre de marins, notamment après 1718 qui marque l’amnistie générale accordée aux pirates Anglais par Georges 1er, des milliers de marins rejoignent le jolly rogers, enivrés par la perspective de la libre butinerie (flibuste), de l’argent facile, de la nourriture, de la boisson mais aussi assoifés de démocratie, d’égalité, de justice et de soutien aux infirmes avec pour devise « une vie courte, mais heureuse ».

 

Pionniers des sociétés utopiques

 

A l’image de la république de Bou Regreg au Maroc qui semble avoir été l’âge d’or des barbaresques (pirates et corsaires de barbarie, c'est-à-dire de la méditerranée Maghrébine), les pirates nommaient leur « Cosa nostra », la république de Salé. Celle-ci n’étant pas qu’un repaire, mais bel et bien un concept utopique définissant une structure de société démocratique avec ses propres codes, son langage, ses institutions et biens, son économie, ses rapports humains, sa philosophie et la variété de ses peuples, constituant de fait une entité sociale particulière et identifiable.

Donc vers la fin du 17ème et début du 18ème, de nombreuses utopies pirates allaient naître au-delà de la méditerranée, ce fut le cas dans les Caraïbes avec St- Domingue et Haïti (Hispaniola), L’île de la Tortue, New-Providence et Nassau aux Bahamas, mais également dans d’autres parties du monde telles la Baie des Divagateurs et au nord de Madagascar avec Libertalia.

Concernant les Caraïbes, les boucaniers fondèrent leur société sur des bases se rapprochant de celles de la république de Salé.

Retenons en quelques points comme : Elections des officiers, bannissement des châtiments corporel, règlement des différents par un tribunal selon les règles du duel, harmonie entre les races et les classes, solidarité, absence de tutelle gouvernementales …

Le mot d’ordre étant : « Le droits des peuples et leurs libertés civiles » comme principe de résistance au droit moral de tuer et de voler (la guerre et l’impôt) appartenant aux états dits rationnels, non-laïques et capitalistes de l’époque compte tenu que dans nos sociétés modernes et à présent rien n’a changé sinon la séparation de l’église et de l’état.

Source : Utopie pirates de Peter Lamborn Wilson / Ed. Dagorno

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Pirates en chansons et chansons des pirates

Pirates en chansons et chansons des pirates

Nous ne savons pas grand chose sur les pirates et pour cause, s'il en était autrement, cela voudrait dire qu'ils n'étaient pas si discrets que ça et que la communication d'informations avérées aurait été une des raisons de leur anéantissement.

Et là, je ne parle pas des corsaires ou des marins issuent de la bourgeoisie ou de la noblesse.

Je parle bien entendu du peuple dit "petit", "humble", modeste", et surtout du peuple opprimé, démuni, bafoué, spolié, miséreux et désespéré mais néanmoins, rebelle, résistant et utopiste.

Defoe puisait l'essentiel de son inspiration dans les tavernes, à l'écoute des voyageurs, des rumeurs, des récits d'aventures et des "messes basses", mais également de l'imaginaire qui en découle.

 

L'imaginaire Pirate

 

Au fil de mes lectures, de mes aventures maritimes et des témoignages de la vie à bord, je me suis mis à rêver ...

De ces rêves sont nés, des histoires, des images, des contes.

Et comme, de conteur à chanteur, il n'y a qu'une clé à tourner, ouvrant la porte de l'inspiration, j'ai reçu du monde des morts, ces histoires afin que ceux qui peuplent ce monde des morts soient présents et en quelque sorte, vivants, le temps d'une chanson.

N'y cherchez pas de références historiques, ne cherchez pas de noms connu, ne cherchez pas des personnages carnavalesques ou d'hollywoodiens, ne cherchez pas, écoutez, prenez et ... mangez en tous !

Le faiseur de chanson vous invite au partage de la nourriture de l'esprit.

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Les chants des marins

L’origine des chants des marins

Il faut remonter à l’époque des premiers navigants.

Elaborés par des gens du peuple non lettrés, des autodidactes anonymes et transmis oralement.

Une partie du répertoire des chansons anciennes nous est accessible depuis le 19ème grâce d’une part aux marins qui ont continués à les pratiquer et à les enrichir, d’autre part aux écrivains qui les ont retranscrites.

A cette époque la marine à voile est à son apogée et les ports remplis des navires marchands résonnent des chants des matelots.

Un dicton marin est : « Quand les marins chantent bien, le bateau va bien ! »

En effet, chanter à bord à plus d’une vertu, ça remonte le moral, ça diverti, ça noie le stress et surtout ça aide à rythmer l’effort lors des manœuvres et à synchroniser les gestes pour les accomplir.

C’est pourquoi il leur faut « s’accorder » afin que l’action sur les cordages soit précise, toniques et complète.

A partir du milieu du 19ème peu de folkloristes et collecteurs s’intéressent aux gens de l’eau.

Edmond de Coussemaker recueille des chants dans les villages côtiers du nord de la France décrivant : campagnes de pêches, chants de travail, complaintes historiques et légendes corsaires.

Mais il faut attendre l’œuvre d’Armand Hayet capitaine au long court qui dès son premier embarquement 15 ans à commencer à noter, les dictons, expressions et histoires, coutumes et les chansons de ses camarades matelots.

Il a publié plusieurs ouvrages qui sont encore actuellement considérés comme référence incontournable des chants de marins et pourtant seuls 14 chants étaient recensés.

Ont peut découper ainsi les différentes formes du chant marin :

  • Cris rythmés, onomatopées primitives soutenant des gestes répétitifs (galères).

  • Chants de halages (à déhaler) audibles dans les ports.

  • Chants à hisser, à nager, à virer, à pomper, du gaillard d’avant

  • Les compositions des hommes de bord

  • Les chants à danser

  • Les chants anglophones

  • Les chansons de ports

  • A relever les filets, à travailler la morue et à curer les runs

  • Les chants de tavernes

  • Les chansons en vogue à Paris, transformée et amarinées

  • Les chants des colonies Française et de la marine militaire

  • Les chansons paillardes

  • Les chansons historiques

Concernant les chants de travail, ceux à hisser ont plusieurs formes, ont trouve donc les chants à hisser dits « à grands coups (perroquet volant, grand hunier volant), à deux coups, à un coup, main sur main (voiles d’étai et focs), à courir (cacatois)  ».

Le chanteur de bord mène le chant, c’est lui qui donne le signal pour que les matelots scandent la réponse en gueulant un refrain ou la répétition de la première phrase ou vers chanté par le meneur.

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La piraterie - suite 2

Les chansons de pirates

les pirates en chansons

Nous ne savons pas grand chose sur les pirates et pour cause, s'il en était autrement, cela voudrait dire qu'ils n'étaient pas si discrets que ça et que la communication d'informations avérées aurait été une des raisons de leur anéantissement.

Et là, je ne parle pas des corsaires ou des marins issuent de la bourgeoisie ou de la noblesse.

Je parle bien entendu du peuple dit "petit", "humble","modeste", et surtout du peuple opprimé, démuni, bafoué, spolié, miséreux et désespéré mais néanmoins, rebelle, résistant et utopiste.

Defoe puisait l'essentiel de son inspiration dans les tavernes, à l'écoute des voyageurs, des rumeurs, des récits d'aventures et des "messes basses", mais également de l'imaginaire qui en découle.

 L'imaginaire Pirate

 

Au fil de mes lectures, de mes aventures maritimes et des témoignages de la vie à bord, je me suis mis à rêver ... De ces rêves sont nés, des histoires, des images, des contes.

Et comme, de conteur à chanteur, il n'y a qu'une clé à tourner, ouvrant la porte de l'inspiration, j'ai reçu du monde des morts, ces histoires afin que ceux qui peuplent ce monde des morts soient présents et en quelque sorte, vivants, le temps d'une chanson.

 N'y cherchez pas de références historiques, ne cherchez pas de noms connu, ne cherchez pas des personnages carnavalesques ou d'hollywoodiens, ne cherchez pas, écoutez, prenez et ... mangez en tous !

Le faiseur de chanson vous invite au partage de la nourriture de l'esprit.

 MOR BRAZ

groupe musical

Chansons d'aventures maritimes et de la piraterie.

 

 

Entre deux airs, Mor Braz conte et raconte

la vie à bord et aux abords avec pédagogie et humour.

 

Au commencement :

 

"Terre en vue !  Terre en vue !"  

Les voyageurs vont accoster en chanson.

 

MOR BRAZ voyage sur les mers du monde pour vous livrer 

leur butin constitué d'histoires : 

celles des gens de l’eau et des littoraux, avec leur cortège d'aventures, de vocabulaire, de savoirs-faire et de traditions que ces musiciens mettent en valeur.

 

Puis ils vous embarquent à bord des anciens voiliers pour partir à l'aventure.

 

Au son de la cornemuse,de la flûte,de la bombarde,de l'accordéon, de la guitare, du bouzouki et des tambours,ils évoquent la marine à voile,la vie à bord,

les manœuvres,les courses,les récits du temps de la flibuste,les escales,

les ports,les tavernes,la bamboche et les amours.

 

Coups de vents,coups de gueules et coups de sang,d'aventures en aventures,

de ports en ports les gabiers du MOR BRAZ ne mollissent pas.

 

Si vous n'allez pas à la mer, c'est elle qui viendra à vous !

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La piraterie - suite 1

La piraterie

L'expression du peuple

La piraterie existe depuis l'antiquité, sur mer, sur terre, maintenant dans les airs.

 C'est un véritable phénomène social.

 

Quand face à l'injustice, la barbarie et le totalitarisme sous toute ses formes les êtres humains n'ont plus d'autre alternative pour simplement survivre que d'attaquer l'ordre établit et ceux qui le cautionnent de quelque manière que ce soit.

Quand face au désarrois quotidien les gens n'ont pas d'autre choix que de mourir de misère, de maladie et de mépris en n'ayant pour seule perspective pour leurs enfants que de vivre dans la plus vile des soumission.

Quand les hommes et les femmes se mettent a considérer que la mort vaudrais peut-être mieux qu'une existence sans lendemain confinée perpétuellement dans le déni de leurs valeurs et de leurs besoins les plus élémentaires.

Quand la seule réponse  aux cris de souffrances et aux suppliques légitimes ne répondent que la mitraille, la répression et la brutalité sans limite des sbires indignes tirant leur pitance de la faiblesse de l'abnégation,alors s'allume les feux de la révolte qui consument les valeurs humanismes, alors la tolérance et la fraternité s'effacent pour laisser la place à la haine et à la vengeance, alors s'ouvrent les portes du mal pour engloutir ce qui fut même les plus belles âmes ...

Peu de gens sont nés pirates, peu de gens ont voulut comme idéal une vie de rapine et de fuite, peu de gens ont pu trouver in fines l'équilibre et le bonheur dans le sang, la cruauté et les larmes, mais la majorités de ceux qui se sont perdus dans l'utopie d'une victoire ultime face à l'ignominieuse prédisposition de l'homme à se nourrir de son prochain, avait-il vraiment le choix ?

Quand sa détresse, sa souffrance, quand sa voix n'est pas entendue l'homme existe-t-il vraiment ?

 La piraterie, outre l'imagerie que l'on peut s'en faire n'est pas grand chose d'autre en somme qu'une révolte face à l'intolérable, un refus de se soumettre à l'inacceptable, extrême certes, comme l'étaient les conditions de vie autrefois, ou comme le sont les conditions de vie de certains encore, maintenant ...

Une seule chose est certaine, c'est que derrière toutes les déviances et abus du système, derrière toutes les souffrances des peuples, passés et présents,derrière toute les atrocités de l'histoire de l'humanité se cachent des prédateurs, des gens de mauvaise fois et de piètre humanisme.

C'est récurent, et encore maintenant, outre les nouvelles technologies qui permettent d'arriver plus vite aux fins les plus abjectes, ces prédateurs calculent, mystifient, conceptualisent et s'érigent en "establisment".

Une de leurs armes les plus performantes, c'est le mensonge, la dénaturation de la, des réalités ...

Faire croire est leur devise, ils te diront d'aller à gauche pour que tu sois plus propre avec leur nouveau produit, mais tu mourras asphyxié de ne pas avoir bien discerner l'étiquette qui est cachée sous l'impeccable costume trois pièces a 1000 écus.

Et si, chance pour toi, tu as la lucidité et que tu ressent le besoin d'en avertir tes paires, alors pour tous, entre les tabloïdes et les méthodes de conditionnement à la désinformation tu deviendras subversif, nocif, pessimiste, ou populiste selon ...

Pour la comprendre et pouvoir espérer l'améliorer, l'histoire de l'homme, piraterie incluse doit être dites comme elle est, sale, sanglante, mauvaise, cruelle, mais aussi remplie d'amours, d'espoirs et d'avancées ...

La piraterie - Expression du peuple -

Commentaires d'internautes et connaissances partisanes

Tel le joli Rogers, l'histoire de la piraterie s'est tissée dans la trame de l'humanité en noir et blanc. 

Lui donner des couleurs qui ne concordent pas avec ses réalités c'est mettre du bleu du ciel dans le rouge du sang.

Nous artistes, passionnés, évocateurs, reconstituteurs, auteurs ou historiens, si nous sommes là, empreint d'envies et de passions, quel que soit nos philosophies et nos tempéraments, c'est qu'un jour, quelqu'un était là, présent, dans la littérature, les arts, le cinéma, l'éducation, notre vie aussi peu être ...

Et que ce quelque chose a susciter en nous ce vent de non conformisme et cette considération pour les révoltés, les insoumis, les utopies, les lumières d'humanisme, et les grands principes d'expressions d'égalité des droits et des libertés individuelles ...

Remercions ces gens qui ont su, à leur façon, perpétuer la mémoire des pauvres âmes martyrs qui ont donner leur vie pour que nous puissions avoir aujourd'hui, malgré tout, le droit de dire NON.

Montrons nous digne de tout ses sacrifices et de cette créativité en perpétuant à notre tour, chacun à notre rythme, avec nos valeurs, nos aptitudes, nos possibilités, nos limites, nos sensibilités, avec lucidité surtout, pour faire face à l'adversité, en se reconnaissant, se considérant, se soutenant, se respectant en tant que tels dans toutes nos différences. 

Soyons tolérant les uns envers les autres, reconstituteurs, évocateurs, quelques soient les formes que nous sommes susceptibles de donner à notre passion, notre fond est forgé du même idéal.

L'union fait la force, les différences font la richesse de cette force et la complémentarité augmente sa puissance.

 

 

Source : Membre FDLC : feel2fer

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La piraterie

La piraterie du 15ème au 18ème siècle

Activisme politique ou Le rêve d’une société alternative

Loin de l’imagerie Spinalienne, des clichés et autres caricatures carnavalesques attribués aux pirates et à l’histoire de la piraterie en général, (réduite temporellement aux 17ème et 18ème siècles, la piraterie à toujours existé et ce depuis que les hommes pratiquent le transport sur la voie d’eau).

J’aimerais dans cet article faire un résumé de ce qui apparaît au regard des ouvrages sur le sujet concernant l’aspect politique et philosophique de la piraterie.

Tout commence par le (long) processus de décloisonnement des mondes initié par l’infant Henri le navigateur, ministre de l’expansion Portugaise à l’origine des grandes expéditions maritimes Européennes (« l’infant de la mer » de Ph. D’Estailleur Chanteraine/Ed.Les sept couleurs).

Quelques dates inhérentes à ce processus : 1415 marque la 1ère installation européenne (Portugal) sur le littoral Africain avec la prise de Ceuta par l’infant Henri ; 1434, franchissement du cap Bojador par le Portugais Gil Eanes ; 1487, franchissement du cap de bonne espérance (cap des tempêtes) par Bartolomeo Dias.

A savoir que les Chinois qui connaissaient déjà l’usage de la boussole deux siècles avant notre ère bourlinguaient déjà dans la mer de Chine et au-delà à partir du début du 15ème. Sans compter à cette époque, également les Génois, les Vénitiens, Aragonais, Castillans et Français.

Je passerai l’épisode bas-moyenâgeux concernant l’épopée maritime de Brendan, sensé avoir découvert les Canaries et probablement Madère et les Açores.

Il me semble tout de même important de citer les Canaries, Madère et les Açores en cela qu’elles sont en ce début de 15ème siècle, des escales quasi obligatoires pour le ravitaillement en eau, en denrées et surtout en bois pour réparer les bateaux (Madère: « bois » en Portugais, était une vaste forêt).

Au-delà de ces îles, on croyait les mers peuplées de monstres en tous genres, la mer effraie autant qu’elle attire la curiosité qui bientôt aura raison des peurs avec le goût du risque et de l’aventure.

L’aventure transatlantique

A partir de la découverte par Colomb des îles de l’Amérique centrale et de ses richesses aurifères, les voyages des (pirates) découvreurs n’auront de cesse. Je précise pirates car il s’agit bien de piraterie en cela que terres, biens et richesses des autochtones furent pillés et les populations décimées.

C’est d’ailleurs les génocides (à commencer par celui de Colomb aux Bahamas) qui ont incités les « Conquérants* » Européens à multiplier la traite des populations Africaines pour les envoyer sur ces îles exsangues afin d’alimenter le marché de l’esclavage. Ainsi, Jean Cabot atteindra l’île du Cap Breton, Vasco de Gama, Calicut etc.

Tout cela empreint de désir d’évangélisation, de curiosité scientifique, ethnologique et ethnographique et sous couvert d’expansion du Christianisme masquant la soif de richesse et l’âpreté du gain pour les nantis de ce monde.

Autrement dit, de l’expansion capitaliste de quelques privilégiés de la haute société, de la noblesse et de la monarchie.

En effet, la monarchie de Philippe II d’Espagne s’impose comme étant la 1ère puissance mondiale par le jeu des alliances dynastiques. Près d’un siècle avant, le 4 mai 1493 à Rome, le pape Espagnol Alexandre VI partage le monde entre Portugais et Espagnols en traçant une ligne de démarcation entre les possessions territoriales de ces deux nations frappant d’excommunication tout étranger qui s’aventurerait au-delà de cent lieues à l’ouest des Açores.

Déjà, pirates et corsaires écumes les mers et les côtes afin d’intercepter les bateaux regorgeant des richesses du nouveau monde (Colomb contraint de se mettre à l’abri à Madère lors de sont 3ème voyage, par des pirates Français).

Après la mort d’Isabelle la catholique (1504) Henry VIII esquisse les bases de la royal navy jusqu’à ce que sa fille Elisabeth1ère fasse de l’Angleterre une véritable « nation pirate ». François la Salamandre 1er du nom se lance à son tour à la conquête des Indes occidentales avec Verrazzano(1523)(New-York), les Parmentier (1529) (Sumatra) et Cartier (1534)(Canada).

Il est utile de préciser qu’à partir de 1503 en Espagne (Séville), fût créée une nouvelle cellule royale du nom de « Casa de contracion » (maison de traite) qui avait l’entière responsabilité de la navigation et du commerce transatlantique, chargée d’organiser le trafic, former un corps de pilotes, tracer les routes, contrôler la garantie des perceptions aux arrivées de la part revenant au roi, de la taxe prélevée sur les échanges et de tenir une comptabilité rigoureuse de tout ce qui sortait et arrivait en Espagne issu des courses transatlantiques.

Un système administratif et comptable bien rôdé, mais prenant des proportions telles qu’il fallut élaborer un système de contrôle où les contrôleurs (subalternes) devaient être à leur tour contrôlés par des officiers eux-mêmes contrôlés par des employés supérieurs.

Mais les vices de ce système (efficace d’un certain point de vue, ne l’était pas d’un autre) conduisait à des fraudes et activités de contrebande du fait des colons, contraint de payer des taxes (le Quint royal).

La flibuste Antillaise naquit de cette contrebande.

Autrement dit, et afin de clore ce chapitre, il est d’évidence que la piraterie résulte d’un capitalisme ambitieux, meurtrier et ne servant qu’aux élites et nantis de ce monde. La fin du moyen âge fit donc place à la Renaissance, mais renaissance de quoi sinon celle de l’empire de Rome que l’on croyait être une marque du passé.

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