Le commerce et la mer

La mer, otage du grand commerce,

ou

La planète bleue, rouge du sang des hommes.

A l'aube des premières civilisations orientales, des hommes empruntent les voies d'eaux à bord d'embarcations flottantes faites de rondins de bois assimilées au radeau ou à la nef (selon Ovide) de papyrus, initiant le développement progressif de relations commerciales le long des côtes du proche orient.

Dès le troisième millénaire, le cabotage dans le golfe arabo-persique est réglementé par le code d'hammourabi.

Des liaisons à base de produits tels que, ivoire, encens, or, peaux et différentes essences de bois (notamment, cèdres du Liban) sont acheminés par voie d'eaux au profit des dynasties pharaoniques.

Ce premier système commercial ne concerne que le triangle Phénicie, Egypte et Crète au début du premier millénaire où se développe une véritable thalassocratie attestée par la légende de Minos.

Héritage qu'organisent les Phéniciens vers le 9éme siècle avant notre ère en établissant des comptoirs en Afrique du nord et aux îles de la Méditerranée, de Carthage jusque sur les côtes Est de l'Espagne.

La Grèce antique n'est pas en reste et participe de cet élan en fondant des colonies et ouvrant une nouvelle aire commerciale à partir de la mer Egée, couvrant un espace maritime qui s'étant de la mer noire aux côtes méridionales de la Gaule, en établissant un trafic florissant qui va asseoir sa domination de forme impériale aux 5 et 6éme siècles.

Ce système s'étend également et progressivement à la mer rouge et au golfe persique instaurant des échanges avec les arabes et les indiens, d'après les descriptions de Pline l'Ancien (le périple de la mer Erythrée). Avec Marc Aurèle, les liaisons s'effectuent jusqu'en Chine (voir les Annales des Han, en166).

Un réseau maritime est établi de la méditerranée en passant par la côte occidentale de l'Atlantique jusqu'aux mers du nord au sortir de la ruine de Carthage et l'avènement de Rome.

Cet engouement gagne les pionniers de l'exploration maritime comme l'atteste dès le 3éme siècle av.J.C, le voyage de Pytheas vers les mers du nord et la découvertes de l'Islande et des Feroe à l'instar de Germanicus chargé de défendre les frontières du Rhin.

Au-delà de l'apport de métaux, de vins, de tissus, d'épices, de parfums, d'esclaves ou d'animaux (pour les jeux du cirque), c'est bien le blé et la route inhérente à celui-ci qui va devenir l'enjeu majeur du trafic maritime et fluvial.

Je dis fluvial car les fleuves ne sont pas exempts de ce trafic, étant donné que la distribution des produits d'importations au cœur des terres s'effectuent par les chemins de l'eau douce.

Tout cela participe également de l'essor de la navigation et donc de la construction de navires de plus en plus perfectionnés.

Il va sans dire que ce commerce suscite un intérêt considérable pour les puissants, impliquant sang et guerres résultant de conflits. Guerres militaires et pillages de pirateries sur toutes les voies de communications et de transit.

Afin d'étendre son empire, avec la guerre des Gaules, ont découvre que César se frotte et vient à bout de la puissante thalassocratie celtique avec le génocide des Vénètes dans le golfe du Morbihan.

L'expansion du trafic maritime, des richesses et des profits que les puissants en tirent, ne diminue pas malgré la peur qu'inspire le monde de Neptune attesté dans les légendes et les témoignages de gens tels Horace, Polybe, Térence, Tacite ou Synesius.

Cet engouement pour la navigation du grand commerce et la puissance maritime ainsi que l'orientation proposée par Themistocle ou Périclès, trouve ses limites et ses controverses attestées entre autres par Isocrate et les moralistes de son temps.

Dans les Lois, Platon affiche clairement son aversion des guerres maritimes et condamne la stratégie menée au cours de la guerre du Péloponnèse basée sur le harcèlement qu'effectuent les commandos d'infanterie embarquée.

Excepté les trirèmes helléniques armées par des hommes libres, principalement Thètes et Hoplites, d'autres, outre des militaires, ont recours à des mercenaires et à des esclaves.

Donc on voit bien que depuis les temps les plus reculés, la vie aquatique est sujette à toutes les perversions et bassesses humaines et souillée par le sang des hommes à des fins de puissance, de domination et d'accumulation de richesses.

Après l'effondrement de l'empire romain, le 7éme siècle voit de nouveaux conquérants et de nouvelles guerres impliquant cette fois le monde arabe avec les conflits entre Chrétiens et Musulmans et les pillages opérés par les barbaresques.

La fin du 7éme siècle voit l'avènement des Vikings et leur puissante thalassocratie basée sur le pillage, le rapt, les razzias, la colonisation, le troc et l'exploration.

Au 11éme siècle, les croisades contribuent également à répandre le sang sur les mers, mais c'est à la fin du 15éme et courant du 16éme siècle que les mers vont rougir d'horreur et de honte face à l'infériorité manifeste du genre humain.

Avec Christophe Colomb c'est le génocide d'une partie de la population des Bahamas, sa mise en esclavage et le pillage des ressources de populations entières, de leurs terres et de ce qu'elles produisent, principalement l'argent et l'or dans le but de servir les dessins d'une monarchie qui instaura l'idée de domination par la capitalisation et la spéculation financière.

Pour satisfaire cette idée de domination et de pouvoir politique par l'argent, le pape Alexandre 6 partage le monde maritime en deux parties, l'une donnant droits aux Espagnols et l'autre aux Portugais.

Au passage, il est nécessaire de rappeler que la domination s'exerce également sur le plan psychique, psychologique et moral, le pape avait un intérêt tout particulier résidant dans le principe de colonisation des esprits afin d'avoir l'assurance d'étendre le christianisme au-delà de l'Europe.

De là, naissent des flottes entières, les guerres et les combats n'ont de cesse entre Etats-nations et ce, au niveau mondial.

La mondialisation du capital correspond à la mondialisation des guerres et sont toujours étroitement liées. L'économie-monde en découle et se qui en résulte ne montre pas de capacités à élever le niveau humain et spirituel de cette planète.

Guerres commerciales et religieuses depuis le 15éme siècle ont pris une orientation qui dominera les siècles à venir jusqu'à nos jours sachant que la mer est toujours rouge du sang des hommes.

mariniers chansons

×