C'est ça le talent

C'est ça le talent !

Savoir capturer la magie d'un instant.

On voit bien dans cette image qu'il se passe quelque chose d'impalpable

et bien réel que l'on pourrait qualifier d'état de grâce.

L'oeil aiguisé, les sens en alerte, à cœur ouvert

derrière son objectif, Sébastien Richard capte le vivant

et lui fait don d'immortalité par l'image fixée.

Il offre ainsi à l'observateur de cette image toute la vie qui s'en dégage.

Des auditeurs réceptifs, attentifs, plongés et absorbés

par d'autres images, celles qui passant par leurs oreilles,

voguent dans leur esprit et les transportent au cœur

des mondes inventés par les « jongleurs de mots-joueurs de sons ».

Voilà à quoi sert la chanson de l'auteur et voilà à quoi sert le talent du photographe.

Quiconque observant cette image sans avoir assisté à la scène se fera

sa propre idée de ce qui se déroule et ce que ressentent les auditeurs,

il créera lui-même d'autres monde inventés, ceux qu'il imagine

en se faisant sa propre interprétation de l'image.

Comme quoi une simple chanson peut-être vecteur de bien des merveilles.

Quelques fois, il est bon de ne pas toucher à ce qu'engendre

ce phénomène sans risquer de rompre l'état de grâce de celui qui imagine

et interprète ce qu'il voit et traduit en pensée.

Je veux dire que si je raconte la scène réelle à celui qui découvre cette image et qui

se fait une idée de ce que pu être la réalité, ça peut rompre le charme

parce que ce n'est pas ce qu'il imaginait et ce qu'il imaginait lui appartient.

Lorsqu'un spectateur vient me voir après une représentation

en me disant que j'ai été bon alors que je sais que je ne l'ai pas été à mon gré,

je ne peux pas lui dire qu'il se trompe, je ne peux pas lui enlever son idée, son sentiment.

Alors c'est toujours délicat d'aller sur ce terrain là, mais comme je n'aime pas être toujours délicat,

je m'en va vous décrire la scène parce qu'elle me tient à cœur.

Cette scène se passe à bord de l'Arc'hant avel, fûtreau de Loire de Jacques Duval

que l'on aperçois (à gauche du mât) coiffé de son chapeau de marinier

vêtu de bleu et tenant sa guitare assis sur deux gaffes posées entre la plage avant et la coque.

Nous étions en train de nous remémorer des scènes vécues

en navigation lors de « Caravanne de Loire » en 2008.

Je dis à Jean (à gauche en mauve) que dans une de mes chansons, j'avais évoqué une scène

vécue à bord de sa toue Le Colvert à Châteauneuf sur Loire où nous étions ensablés

en plein milieu du chenal, j'avais débarqué pour pousser la toue, de l'eau jusqu'à mi cuisse

lorsque qu'une saute de vent à propulsée la toue brusquement me laissant

planté sur le banc de sable en plein milieu de la Loire.

Souvenir parmi tant d'autres mais agréable à ma mémoire.

Cette chanson est une illustration d'un parcours entrepris en 2009

qui m'a mené des canaux Lorrain, à la rivière puis du fleuve à l'océan.

Comme le dit la chanson : « je suis parti par un beau jour de printemps sur mon navire... »

Mon navire à l'époque était un Dawncraft de 9m que j'ai laissé dans l'est pour embarquer

sur un autre navire, un chaland de la Seine, puis de fûtreaux en toues ou gabares

de Loire et enfin à bord de divers bateaux de mer pour clore le voyage,

encore que clore n'est pas le terme adéquate bien que nos eaux soient pleines

de l’assonance de ce mot. (jongleur de mots-joueurs de sons), c'est un peu

lorsqu'on va en Finistère, c'est la fin des terres mais le début des grandes eaux,

le commencement d'autres aventures.

Cette chanson est inspirée d'une histoire réelle où chaque scène bien qu'écrite

de manière spontanée et presque automatique, à été scénarisée, modelée

et ajustée pour les besoin d'une chanson qui se veut être revêtue de drôleries,

de scènes cocasses, de caricatures et d'aspects burlesques, où les transformations

du réel en font une véritable histoire et où l'esprit d'aventure et bien marqué.

C'est souvent ça qui déclenche l'attention de l'auditeur, c'est lorsqu'il est transporté

par la simple évocation de mots qui renvoient au mouvement,

à l'aventure, au dépaysement, au voyage.

Tout ce qui nous invite à l'imaginaire, nous transporte, nous transforme

et nous rapproche de notre vraie nature, la nature spirituelle.

Voilà pourquoi je revendique la position de barde pour celles et ceux qui l'ignoraient.

Nous avons une fonction sociale, sanitaire, philosophique, artistique, pédagogique et culturelle

significative et nécessaire dans un monde où les esprits

s'immobilisent, se sclérosent et s'affaiblissent.

Le talent est à la portée de tout le monde mais bien du monde l'ignore encore.

Le talent ne s'imite pas, ne se prend pas, ne s'achète pas, ne se calcul pas,

ne s'invente pas. C'est par lui que l'on invente.

Si les talents sont utilisés pour élever les conditionnements humains

vers l'épanouissement, la grâce et la félicité, alors ils portent bien leur nom

et leurs détenteurs en sont digne.

Hommage aux faiseurs d'images, jongleurs de mots et joueurs de sons.

Voilà ce qu'à suscité et inspiré cette image, une autre histoire,

une histoire de l'histoire qui restera gravée dans les mémoires.

Merci à vous qui êtes restés jusqu'à la fin de ce commentaire,

vous êtes la preuve que nous, artistes, ne faisons pas que brasser du vent

et quand bien même à partir du moment où vous y trouvez votre oxygène !

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Le souffle des chanteurs

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