Expression libre

Expression libre

La guinguette leur claque la porte - Nabum le bonimenteur de Loire

Constat navrant des déboires d'un bateleur de Loire

 

 

Les bateleurs n’y ont plus leur place.

 

La mode en bord de Loire est à la guinguette. C’est tendance, c’est dans le vent d’autant plus aisément qu’on y partage la musique et le repas en plein air. Quelques tables, un bar, une installation sommaire et le tour est joué. Ajoutez-y une scène ou un petit espace scénique et vous avez les ingrédients pour passer de belles soirées d’été en compagnie d’amis.

La mode attire toujours les requins : ceux qui ont les dents longues et sont peu enclins à se soucier du respect de l’esprit. Car voyez-vous, pour eux, ce genre d’endroit est surtout une belle opportunité d'imposer leurs goûts musicaux, de se faire quelque argent sur le dos des gogos tout en renforçant la domination d’un genre sur un autre ou simplement de faire place aux copains dans le mépris de la diversité et de la tradition.

On ne peut se réclamer du terme guinguette et tourner le dos à la musique des parquets, au chant francophone et à une certaine conception du partage musical. Il en faudrait pour tous les goûts et toutes les générations ; ce n'est certes pas le cas ici où on ringardise d’entrée ce qui ne convient pas à ces jeunes loups ou à ces vieux beaux qui sont dépositaires de la programmation.

Dehors, les chanteurs à texte, les diseurs d’histoire, les amoureux du bal musette et les musiciens traditionnels. Ici, on veut un public jeune qui viendra boire et faire la fête. Les vieux, les nostalgiques, les cultureux, les intellos n’ont qu’à passer leur chemin : la nouvelle guinguette n’est pas tolérante, elle est dans l’esprit du temps.

Il faut y faire du bruit, laisser place exclusivement aux musiques amplifiées, aux groupes exotiques, aux ensembles hétéroclites à consonance étrangère. Chanter en français n’est plus de saison. Il faut repousser l’idée que les paroles ont la plus petite importance dans une chanson. La guinguette réclame des musiques de fond qui permettent de boire, manger et discuter sans faire l’effort d’écouter.

Nous avions été invités dans un de ces estaminets de l’éphémère, installé en bord de canal et de Loire. Nous y avions distrait et fait rêver un public familial, celui-là même qui déplaît tant aux nouveaux prescripteurs musicaux. « Promis, juré, craché, vous serez dans notre programmation l’an prochain, d’autant plus qu’on vous a demandé de venir gracieusement cette année ». Les belles promesses n’engagent que les naïfs et nous sommes de la revue et pas du catalogue 2016.

Car voyez-vous, la programmation a été confiée à des professionnels de la chose, un tourneur qui ne prendra pas la peine de venir nous écouter et s'enquérir de ce que nous proposons. Son idée est forcément faite à l’avance : c’est de la merde, c’est vieillot, c’est pas dans le projet de notre nouvelle guinguette. Nous allons redonner un coup de ripolin et pour ce, il est préférable de faire avec du neuf !

Je souhaite bonne chance à ces gens si méprisants. Ils vont sans doute être surpris de la virulence du propos : je leur dois bien ça, tant leur message de rejet fut mal vécu et d’une indélicatesse honteuse. Ils ont la prétention de connaître le goût du public en évacuant une partie de celui-ci. Si la démarche n’est pas nouvelle, qu’elle se fasse sous mandat d’une municipalité me semble être scandaleux. Le propre de tel établissement festif, provisoire et convivial devrait être d’accueillir la diversité et non d’établir une hiérarchie en fonction d’un public visé.

Qu’ils aillent au diable puisqu’ils m’ont jeté dans le canal. Je me charge de leur accrocher cette jolie casserole aux fesses. Je m’offre cet ultime plaisir de leur sonner les cloches Bollée avant de tourner le dos à ces gens trop importants pour qu’ils daignent s’intéresser à un modeste bateleur et son ami le ménestrel. Nous ne jouons pas dans la même cour que ces gens-là et j’en ferai part à ceux qui ont mis en place de tels gougnafiers. C’est le seul plaisir que m’offrira cette nouvelle guinguette si tendance !

Orphéonnement leur.

Lien : Chroniques au Val

http://www.chroniques-ovales.com/2016/06/la-guinguette-nous-claque-la-porte.html#ob

Le bonimenteur de Loire

Lire la suite

Vocable d'eaux pour crier

Vocable d’eaux pour crier

Batiste Vignol en 2001 sort la seconde édition de « Cette chanson que la télé assassine » aux éditions Christian Pirot.

Ouvrage qui vise à dénoncer comme il dit : « le saccage d’une tradition, savamment orchestrée par les médias, les artistes eux-mêmes…et le public, qui s‘y prête ».

Vignol dans son ouvrage, dit ce qu’est la chanson, ce qu’elle n’est pas et ce qu’elle n’est plus et à qui ont le doit.

Auteur compositeur et interprète, puis programmateur dans une émission de télé, il connaît le sujet, c’est pourquoi il en parle avec justesse et réalisme. A l’issue de sa triste expérience il abandonne : « Lassé des caprices de diva … défait par des façons de faire accablantes, abasourdi par si peu d’humanité, honteux d’être d’une basse-cour, j’ai fui le paquebot dans un fou rire d’évadé, trois ans après avoir embarqué ».

Le but de cet article n’est pas de faire un résumé du livre de M. Vignol, mais de relever le vocabulaire que l’écrivain utilise dans son ouvrage par le biais d’extraits choisis.

Plus loin et en conclusion, l'esquisse d'un profil type de « figure montante » ou « groupe émergent ».

Relever le vocabulaire que l’écrivain utilise dans son ouvrage par le biais d’extraits choisis permettra de comprendre pourquoi l'intitulé cet article ainsi.

Batiste Vignol, analyse, dissèque et rend compte du déclin de la chanson telle qu’elle était conçue aux temps où l’inspiration « … Jaillissait d’une bousculade au carrefour des 4 vents… » à défaut d’être l’apanage des « rimailleurs de notre temps… » qui « …extraient de leur charabia une morale convenue et primaire qu’ils beuglent à la télévision… »

« …la chanson qui meurt, c’est une flottille qui fait naufrage et cet échouage ne change rien aux plaisirs de la baignade en solitaire ».

« La chanson, c’est un bateau qui disparaît dans le lointain… »

Les chanteurs à succès : « C’est un raz de marée de mégalomanie qui terrasse la création… »

Une nouvelle chanson : « C’est le départ d’une flottille oui, ou d’un équipage sous les baisers envolés des femmes qui restent à quai ».

« L’appareillage d’un transatlantique sous les flonflons, les guirlandes et les mouchoirs blancs qu’on agite. La chanson a largué les amarres, et elle s’en vogue à vau-l’eau ».

« La chanson avait hier le vent en poupe. Les drapeaux claquaient au grand mât. Les mouettes faisaient un ciel de confettis, l’escadrille une mer de cotillons. La digue était noire de monde. Aujourd’hui la rade est déserte.

« La chanson, c’est un yacht qui navigue vers une destination inconnue dont nul ne sait s’il reviendra ».

« …Elle aurait encore de l’allure, si l’on n’y regardait pas de trop près ».

« Entendez la sirène, elle sonne un joli tintamarre. Savent-ils qu’elle est corne de brume ? L’eau s’est engouffrée dans les entreponts. Adieu la jolie frégate ! »

« La chanson, c’est un bateau qui s’éloigne, dans la pétarade pétroleuse d’embarcations à moteur. Au loin depuis la berge, quand il n’est plus qu’une tache vague dans la houle…le navire ne sera plus qu’un souvenir. Qui s’en souciera ? La chanson est une coquille de noix qui ne captive plus personne ».

Au sujet des émissions qui naguère traitaient de la chanson, comparées à celle de maintenant : « Quand un étang s’assèche et que l’herbe le gagne, il est difficile d’expliquer au pêcheurs du dimanche qu’en réalité elle remonte ».

 « Je baigne dans la chanson Française et j’aperçois aujourd’hui son rivage. C’est un petit lac qui clapote. La source est tarie. L’eau tiédit. » « Moi qui rêvait de poissons volants ! C’est une marre aux canards».

Au sujet des comédies musicales et faisant référence à « Notre dame de paris » de Plamondon et Cocciante : « Esmeralda meurt au palais des congrès » « titrait Le Monde dans l’un des rares articles honnêtes parus dans ce ballet sinistre, noyés dans une marée noire de louanges, déversée par M6, TF1 ? Tapis Rouge et RTL, qui fit autant de désastre sur l’esprit Français que celle de l’Erika salit les côtes atlantiques. Si les Français regardaient moins la télévision, ils auraient été plus nombreux sur les plages Vendéennes à ramasser les galettes de mazout que vomissait le pétrolier ».

A propos de la culture qu’il qualifie de « Gnangnan » : « C’est le chant du cygne d’une expression qui s’enorgueillissait de montrer la voie (avec Brassens, Brel, Férré, etc), et qui s’allonge maintenant dans les eaux noires d’une sentine médiatique ».

« Partisans du moindre effort intellectuel, les Français affalés devant leur téléviseur se raccrochent à ce dont ils se souviennent encore, comme à une bouée, avant que les courants du temps ne les en défassent, en les submergeant. La mémoire est un « Titanic » qui fait chavirer avec lui les trésors d’une civilisation ».

Au sujet de Linda Lemay : « … Est une source d’inspiration gourmande… » « … Comme le Saint-Laurent qui pousserait les eaux sales de la Seine pour inonder Paris, elle redonne à notre langue, tel Félix Leclerc … La primeur de mots clairs et la musicalité de pensées embellies par le temps ». « Linda Lemay est une crue magnifique… »

« La médiocrité à tué la chanson, emmenée par la grande télévision qui se gangrène dans le déshonneur, le culte du moi et l’obsession du résultat. Les fesses en l’air sur l’autel de l’audimat. « Trop d’eau poisseuse a coulé sous les ponts pour en espérer le ressourcement ».

Voilà comment on peut utiliser le vocabulaire maritime ou fluvial pour étayer une idée, un cri, un essai, un pamphlet, un roman, que sais-je encore ?

C’est ainsi que l’auteur s’est exprimé pour défendre ce qui lui est cher, la chanson et le vocabulaire.

Nous qui sommes les passeurs d’une tradition qui veut que les chansons de notre répertoire échappent (mais pour combien de temps encore) à ce que fait la télévision de ces 20 dernières années à la chanson dite Française, soyons vigilants, dignes et exigeants, sans quoi, cet aspect que nous véhiculons de la chanson risque lui aussi de se retrouver dans ce tourbillon infernal qui participera à l’extinction d’un répertoire, d’un état d’esprit, d’une tradition, d’une culture, de l’inspiration, d’un art et de ses représentants.

Le ton est donné avec Nolwenn Leroy et les Marins d’Iroise.

Le libéralisme, la concurrence, le culte de la personnalité, l'ouverture des pratiques amateurs sur le marché du divertissement, le consumérisme et la sous-culture ont envahi le paysage culturel de notre nation aux travers des icônes préfabriqués du système.

Ainsi l'on voit fleurir les nouvelles figures du succès et pour avoir du succès à présent il ne suffit plus d'avoir du talent.

.

Lire la suite

C'est ça le talent

C'est ça le talent !

Savoir capturer la magie d'un instant.

On voit bien dans cette image qu'il se passe quelque chose d'impalpable

et bien réel que l'on pourrait qualifier d'état de grâce.

L'oeil aiguisé, les sens en alerte, à cœur ouvert

derrière son objectif, Sébastien Richard capte le vivant

et lui fait don d'immortalité par l'image fixée.

Il offre ainsi à l'observateur de cette image toute la vie qui s'en dégage.

Des auditeurs réceptifs, attentifs, plongés et absorbés

par d'autres images, celles qui passant par leurs oreilles,

voguent dans leur esprit et les transportent au cœur

des mondes inventés par les « jongleurs de mots-joueurs de sons ».

Voilà à quoi sert la chanson de l'auteur et voilà à quoi sert le talent du photographe.

Quiconque observant cette image sans avoir assisté à la scène se fera

sa propre idée de ce qui se déroule et ce que ressentent les auditeurs,

il créera lui-même d'autres monde inventés, ceux qu'il imagine

en se faisant sa propre interprétation de l'image.

Comme quoi une simple chanson peut-être vecteur de bien des merveilles.

Quelques fois, il est bon de ne pas toucher à ce qu'engendre

ce phénomène sans risquer de rompre l'état de grâce de celui qui imagine

et interprète ce qu'il voit et traduit en pensée.

Je veux dire que si je raconte la scène réelle à celui qui découvre cette image et qui

se fait une idée de ce que pu être la réalité, ça peut rompre le charme

parce que ce n'est pas ce qu'il imaginait et ce qu'il imaginait lui appartient.

Lorsqu'un spectateur vient me voir après une représentation

en me disant que j'ai été bon alors que je sais que je ne l'ai pas été à mon gré,

je ne peux pas lui dire qu'il se trompe, je ne peux pas lui enlever son idée, son sentiment.

Alors c'est toujours délicat d'aller sur ce terrain là, mais comme je n'aime pas être toujours délicat,

je m'en va vous décrire la scène parce qu'elle me tient à cœur.

Cette scène se passe à bord de l'Arc'hant avel, fûtreau de Loire de Jacques Duval

que l'on aperçois (à gauche du mât) coiffé de son chapeau de marinier

vêtu de bleu et tenant sa guitare assis sur deux gaffes posées entre la plage avant et la coque.

Nous étions en train de nous remémorer des scènes vécues

en navigation lors de « Caravanne de Loire » en 2008.

Je dis à Jean (à gauche en mauve) que dans une de mes chansons, j'avais évoqué une scène

vécue à bord de sa toue Le Colvert à Châteauneuf sur Loire où nous étions ensablés

en plein milieu du chenal, j'avais débarqué pour pousser la toue, de l'eau jusqu'à mi cuisse

lorsque qu'une saute de vent à propulsée la toue brusquement me laissant

planté sur le banc de sable en plein milieu de la Loire.

Souvenir parmi tant d'autres mais agréable à ma mémoire.

Cette chanson est une illustration d'un parcours entrepris en 2009

qui m'a mené des canaux Lorrain, à la rivière puis du fleuve à l'océan.

Comme le dit la chanson : « je suis parti par un beau jour de printemps sur mon navire... »

Mon navire à l'époque était un Dawncraft de 9m que j'ai laissé dans l'est pour embarquer

sur un autre navire, un chaland de la Seine, puis de fûtreaux en toues ou gabares

de Loire et enfin à bord de divers bateaux de mer pour clore le voyage,

encore que clore n'est pas le terme adéquate bien que nos eaux soient pleines

de l’assonance de ce mot. (jongleur de mots-joueurs de sons), c'est un peu

lorsqu'on va en Finistère, c'est la fin des terres mais le début des grandes eaux,

le commencement d'autres aventures.

Cette chanson est inspirée d'une histoire réelle où chaque scène bien qu'écrite

de manière spontanée et presque automatique, à été scénarisée, modelée

et ajustée pour les besoin d'une chanson qui se veut être revêtue de drôleries,

de scènes cocasses, de caricatures et d'aspects burlesques, où les transformations

du réel en font une véritable histoire et où l'esprit d'aventure et bien marqué.

C'est souvent ça qui déclenche l'attention de l'auditeur, c'est lorsqu'il est transporté

par la simple évocation de mots qui renvoient au mouvement,

à l'aventure, au dépaysement, au voyage.

Tout ce qui nous invite à l'imaginaire, nous transporte, nous transforme

et nous rapproche de notre vraie nature, la nature spirituelle.

Voilà pourquoi je revendique la position de barde pour celles et ceux qui l'ignoraient.

Nous avons une fonction sociale, sanitaire, philosophique, artistique, pédagogique et culturelle

significative et nécessaire dans un monde où les esprits

s'immobilisent, se sclérosent et s'affaiblissent.

Le talent est à la portée de tout le monde mais bien du monde l'ignore encore.

Le talent ne s'imite pas, ne se prend pas, ne s'achète pas, ne se calcul pas,

ne s'invente pas. C'est par lui que l'on invente.

Si les talents sont utilisés pour élever les conditionnements humains

vers l'épanouissement, la grâce et la félicité, alors ils portent bien leur nom

et leurs détenteurs en sont digne.

Hommage aux faiseurs d'images, jongleurs de mots et joueurs de sons.

Voilà ce qu'à suscité et inspiré cette image, une autre histoire,

une histoire de l'histoire qui restera gravée dans les mémoires.

Merci à vous qui êtes restés jusqu'à la fin de ce commentaire,

vous êtes la preuve que nous, artistes, ne faisons pas que brasser du vent

et quand bien même à partir du moment où vous y trouvez votre oxygène !

.

Lire la suite

Peintre des péniches

Il ne faudrait pas omettre de placer parmi les chantres des gens d'eaux,

les sculpteurs d'images, les photographes et les peintres.

Parmi eux, Claude dit Claudel Peintre le peintre des péniches.

Peintre des péniches

La culture à contre courant du marché du divertissement

Les Arts et la Culture

ont été volés au peuple au profit de l'économie de marché.

Le divertissement et le spectacle sont soumis aux lois de la finance.

Les serviteurs du marché du spectacle ont un double intérêt, celui entre autre d'acquérir des richesses financières pour des profits d'intérêts personnels et celui d'entretenir le peuple dans l'illusion de participer à un événement culturel.

Ce sont les marchands et ceux qui les servent de près comme de loin, artistes et acteurs culturels y compris, qui nourrissent ce pouvoir, cette imposture et participent à la dégradation des arts et de la culture.

En terme de finance, à qui cela rapporte, aux acteurs et artistes ou aux marchands ?

Au niveau culturel, qu'est-ce que ça apporte au consommateur-spectateur sinon le même appauvrissement cérébral que lui apporte la télévision ?

Le nivellement par le bas semble être le mot d'ordre et dans tous les cas, même si tout est fait pour ne pas pouvoir pointer du doigt le ou les donneurs de mot d'ordre, il est visible que la médiocrité gagne les esprits et qu'il est de bon ton de s'en réclamer et d'étendre ce phénomène sans l'avouer directement.

Les employables et les non employables sur le marché de l’événementiel.

Les décideurs et les acteurs.

L'idéologie très répandue du capital humain qui implique de mettre en place des outils mathématiques de l'économie à la question de la culture envisagée comme capital financier gagne l'esprit des décideurs de tous ordres.

C'est à dire que l'acteur culturel qu'il soit comédien, danseur, conteur, jongleur, musicien, cracheur de feu et j'en passe, n'est pas considéré comme une personne possédant des qualités représentatives et présentables d'un savoir faire, d'une passion, d'une étude ou d'un talent particulier mais comme un produit marchand.

Il faut que ce produit soit conforme aux lois du marché.

Il faut que ceux qui produisent ces produits soient conformes à ces lois et donc qu'ils soient conformes à cette idéologie, qu'ils y collaborent, qu'ils la défendent, en fassent la promotion et surtout qu'ils montrent les signes de leur dévouement et de leur soumission pour être employables non pas comme artiste ou comme personne ayant un talent particulier mais comme serviteur du système néo libéraliste et élitiste qui décide de leur apparition sur le marché de l'emploi, c'est à dire gagner leur place sur le marché du travail.

L'acteur culturel devient un larbin car il devra faire tout pour s'attirer la bienveillance des employeurs.

Il ne proposera comme produit que ce que ses employeurs attendent du dit produit, l'acteur étant également considéré comme produit il montrera par son discours, ses propos, son humour, ses (soit disant) opinions propres et/ou son accoutrement, tout les signes de la soumission au dicta économique.

S'il n'a pas un pied de près ou de loin, dans le circuit industriel, qu'il soit officiel ou alternatif, il aura du mal à faire sa place sur la scène publique, c'est à dire à rencontrer un auditoire, son public ou le public susceptible d'être réceptif à ce qu'offre à voir ou à entendre l'acteur culturel, l'artiste etc.

De même que réduire le domaine culturel à l'art est un non sens doublé d'un mensonge, pratiquer un art sans la culture de cet art ou du sujet mis en valeur dans la production artistique l'est également.

On ne demande pas à l'acteur culturel d'être cultivé, érudit ou subversif à moins que ce ne soit pour servir la cause du produit vendable à un public qui se laisserait berner par le discours en oubliant par qui est employé l'acteur qui débite ce discours.

Amateurisme et professionnalisme.

Amateurs et professionnels, ça ne veut plus rien dire et tous veulent leur part du marché, leur heure de gloire et leur place dans le paysage culturel et artistique.

Pour y parvenir, il suffit de montrer les signes du larbin et se convaincre qu'on est libre, humble et que tout ce qu'on fait n'est que pour le plaisir (ça c'est le mot passe partout qui justifie tout).

Ainsi on a de fortes chances d'apparaître sur les affiches des événements officiels et par le fait de montrer qu'on est une valeur sûr à tous les niveaux.

La culture au coeur

C'est donc aux multiples acteurs de la culture de faire du culturel et de lui redonner tout son sens en évitant de tomber dans les poncifs utilisés par les acteurs du "mainstream".

Des iniatives se font jour grâce à des partenaires venant de différents milieux, des collectivités locales, des associations, des collectifs, des communautés de communes, des offices du tourisme, des artisans et artistes autant que des intellectuels et autres passionnés de la voie d'eau, de son histoire et de ses traditions.

Concernant la culture fluviale et maritime, cette dernière décennie à vu naître et a révélée bien des talents, des passionnés et des actions mettant en valeur ce domaine culturel.

L'objectif étant de transmettre : histoires et savoirs de manière ludique et pédagogique.

C'est possible, mais quel futur pour ce possible ?

Lire la suite

Le commerce et la mer

La mer, otage du grand commerce,

ou

La planète bleue, rouge du sang des hommes.

A l'aube des premières civilisations orientales, des hommes empruntent les voies d'eaux à bord d'embarcations flottantes faites de rondins de bois assimilées au radeau ou à la nef (selon Ovide) de papyrus, initiant le développement progressif de relations commerciales le long des côtes du proche orient.

Dès le troisième millénaire, le cabotage dans le golfe arabo-persique est réglementé par le code d'hammourabi.

Des liaisons à base de produits tels que, ivoire, encens, or, peaux et différentes essences de bois (notamment, cèdres du Liban) sont acheminés par voie d'eaux au profit des dynasties pharaoniques.

Ce premier système commercial ne concerne que le triangle Phénicie, Egypte et Crète au début du premier millénaire où se développe une véritable thalassocratie attestée par la légende de Minos.

Héritage qu'organisent les Phéniciens vers le 9éme siècle avant notre ère en établissant des comptoirs en Afrique du nord et aux îles de la Méditerranée, de Carthage jusque sur les côtes Est de l'Espagne.

La Grèce antique n'est pas en reste et participe de cet élan en fondant des colonies et ouvrant une nouvelle aire commerciale à partir de la mer Egée, couvrant un espace maritime qui s'étant de la mer noire aux côtes méridionales de la Gaule, en établissant un trafic florissant qui va asseoir sa domination de forme impériale aux 5 et 6éme siècles.

Ce système s'étend également et progressivement à la mer rouge et au golfe persique instaurant des échanges avec les arabes et les indiens, d'après les descriptions de Pline l'Ancien (le périple de la mer Erythrée). Avec Marc Aurèle, les liaisons s'effectuent jusqu'en Chine (voir les Annales des Han, en166).

Un réseau maritime est établi de la méditerranée en passant par la côte occidentale de l'Atlantique jusqu'aux mers du nord au sortir de la ruine de Carthage et l'avènement de Rome.

Cet engouement gagne les pionniers de l'exploration maritime comme l'atteste dès le 3éme siècle av.J.C, le voyage de Pytheas vers les mers du nord et la découvertes de l'Islande et des Feroe à l'instar de Germanicus chargé de défendre les frontières du Rhin.

Au-delà de l'apport de métaux, de vins, de tissus, d'épices, de parfums, d'esclaves ou d'animaux (pour les jeux du cirque), c'est bien le blé et la route inhérente à celui-ci qui va devenir l'enjeu majeur du trafic maritime et fluvial.

Je dis fluvial car les fleuves ne sont pas exempts de ce trafic, étant donné que la distribution des produits d'importations au cœur des terres s'effectuent par les chemins de l'eau douce.

Tout cela participe également de l'essor de la navigation et donc de la construction de navires de plus en plus perfectionnés.

Il va sans dire que ce commerce suscite un intérêt considérable pour les puissants, impliquant sang et guerres résultant de conflits. Guerres militaires et pillages de pirateries sur toutes les voies de communications et de transit.

Afin d'étendre son empire, avec la guerre des Gaules, ont découvre que César se frotte et vient à bout de la puissante thalassocratie celtique avec le génocide des Vénètes dans le golfe du Morbihan.

L'expansion du trafic maritime, des richesses et des profits que les puissants en tirent, ne diminue pas malgré la peur qu'inspire le monde de Neptune attesté dans les légendes et les témoignages de gens tels Horace, Polybe, Térence, Tacite ou Synesius.

Cet engouement pour la navigation du grand commerce et la puissance maritime ainsi que l'orientation proposée par Themistocle ou Périclès, trouve ses limites et ses controverses attestées entre autres par Isocrate et les moralistes de son temps.

Dans les Lois, Platon affiche clairement son aversion des guerres maritimes et condamne la stratégie menée au cours de la guerre du Péloponnèse basée sur le harcèlement qu'effectuent les commandos d'infanterie embarquée.

Excepté les trirèmes helléniques armées par des hommes libres, principalement Thètes et Hoplites, d'autres, outre des militaires, ont recours à des mercenaires et à des esclaves.

Donc on voit bien que depuis les temps les plus reculés, la vie aquatique est sujette à toutes les perversions et bassesses humaines et souillée par le sang des hommes à des fins de puissance, de domination et d'accumulation de richesses.

Après l'effondrement de l'empire romain, le 7éme siècle voit de nouveaux conquérants et de nouvelles guerres impliquant cette fois le monde arabe avec les conflits entre Chrétiens et Musulmans et les pillages opérés par les barbaresques.

La fin du 7éme siècle voit l'avènement des Vikings et leur puissante thalassocratie basée sur le pillage, le rapt, les razzias, la colonisation, le troc et l'exploration.

Au 11éme siècle, les croisades contribuent également à répandre le sang sur les mers, mais c'est à la fin du 15éme et courant du 16éme siècle que les mers vont rougir d'horreur et de honte face à l'infériorité manifeste du genre humain.

Avec Christophe Colomb c'est le génocide d'une partie de la population des Bahamas, sa mise en esclavage et le pillage des ressources de populations entières, de leurs terres et de ce qu'elles produisent, principalement l'argent et l'or dans le but de servir les dessins d'une monarchie qui instaura l'idée de domination par la capitalisation et la spéculation financière.

Pour satisfaire cette idée de domination et de pouvoir politique par l'argent, le pape Alexandre 6 partage le monde maritime en deux parties, l'une donnant droits aux Espagnols et l'autre aux Portugais.

Au passage, il est nécessaire de rappeler que la domination s'exerce également sur le plan psychique, psychologique et moral, le pape avait un intérêt tout particulier résidant dans le principe de colonisation des esprits afin d'avoir l'assurance d'étendre le christianisme au-delà de l'Europe.

De là, naissent des flottes entières, les guerres et les combats n'ont de cesse entre Etats-nations et ce, au niveau mondial.

La mondialisation du capital correspond à la mondialisation des guerres et sont toujours étroitement liées. L'économie-monde en découle et se qui en résulte ne montre pas de capacités à élever le niveau humain et spirituel de cette planète.

Guerres commerciales et religieuses depuis le 15éme siècle ont pris une orientation qui dominera les siècles à venir jusqu'à nos jours sachant que la mer est toujours rouge du sang des hommes.

Le chant comme expression et culture populaire

Afin qu’aucune page de l’histoire des gens du pays de France ne soit oubliée

qu’ils soient professionnels ou amateurs passionnés, auteurs, collecteurs, historiens et archivistes s’emploient à publier le fruit de leurs recherches concernant les gens d’eau et plus particulièrement, les voituriers de la voie d’eau, les nautes, autrement dit, les bateliers.

En effet, ces dernières années, affluent, les ouvrages littéraires, historiques, sociologiques, ethnologiques, ethnomusicologiques, photographiques ou techniques, liés au milieu fluvial.

Il semble y avoir urgence à sauvegarder et cultiver un héritage menacé entre autres par l’ignorance, le manque d’intérêt général, l’uniformisation, les spéculations financières, l’internationalisation culturelle, conduisant à la disparition progressive de la mémoire populaire d’une corporation millénaire.

Grâce à ces ouvrages, le « d’à terre » en sait un peu plus sur l’histoire des voies navigables de France et la contribution de ses utilisateurs à l’essor industriel et économique de notre pays.

Il sait également que le marinier est un marginal fier et solitaire, farouche, gueulard et bagarreur car c’est souvent sous ces aspects qu’il est décrit.

Certes, le « d’à bord » est différent de vous et moi ( qui ne suis marinier que de par ma formation professionnelle, et non par filiation car dans le milieu, on est marinier parce qu’on né marinier ), il se distingue entre autre par sa mobilité, son vocabulaire et ses expressions, les uns impliquant les autres. 

« Au commencement était l'eau et de l'eau vint la vie …

Depuis l'aube de l'humanité les hommes se sont rassemblés aux abords des cours d'eaux afin d'y construire les premières sociétés »...

Avec la disparition des corporations des gens d'eaux, de leurs cultures et traditions, de leurs techniques et savoirs-faire et de leurs vocabulaires, l'homme perd ses racines, sa source, sa genèse et son histoire. Un peuple sans histoire est un peuple qui n'existe pas.

Combien de larmes de marinières et de mariniers j'ai vu couler le long de leurs visage ambrés et burinés par le temps, à l'écoute des témoignages enchantés qui reflètent leur vie de bonheurs et d'infortunes passée au fil des eaux sur lesquels ils sont nés ?

Qui s'est intéressé à ces gens si discrets, si farouches, si pudiques qui ne font que passer comme des étrangers ?

Peu loquaces avec les gens d'à terre, ils savent être bavards avec ceux qui leur rendent hommage.

Jusqu'à récemment, les chansons qui évoquent la batellerie étaient diffusent et n'étaient présentent au répertoire des chanteurs et chanteuses de cabarets et des groupes de chants de marins (qui pour un certain nombre d'entre eux ne comptent souvent pas plus de chanteurs que de marins), que pour agrémenter ce répertoire.

Si la Lorraine n'a à présent qu'un seul chantre pour évoquer la vie de ces gens d'eaux, d'autres régions ont leurs nouveaux trouvères, leurs conteurs et joueurs de sons.

La Loire et l'Allier se font de plus en plus entendre au travers de leurs troubadours des temps modernes, ainsi que la Dordogne et la Garonne, le canal de Nantes à Brest, le canal du midi et la Seine.

De tous ces chansonniers, peu à quelques exceptions près, ont élaborés un répertoire spécifique des mariniers ou de la vie batelière pour plusieurs raisons dont, le manque d'intérêt dans le marché du divertissement, le manque de documents, de collectages, d'archivages, de créations nouvelles et l'abandon de l'usage du chant au travail et du chant de travail ou évoquant les métiers d'autrefois, qui plus est s'ils ont disparus. 

C'est parce que je suis à la fois « d'à terre » et « d'à bord » que j'ai pu approcher ce peuple comme je l'ai fait et recueillir ce qu'en partie, je partage et livre dans cet ouvrage.

Pour leur rendre hommage

Et pour leur faire honneur

N’est point de plus beau témoignage

Que celui d’un chanteur.

J'invite donc tous les chansonniers dignent de ce nom, de mettre leur art au service de la culture en devenant les chantres de ce monde particulier, celui des gens d'eaux et de faire passer histoires, mémoires et savoirs.

Lire la suite

×