chansons

Les Chamagnons

Les Chamagnons

Les colporteurs ambulants

 

Activité surtout urbaine au début du 18e siècle, le colportage de livres ou d'images part à la conquête de la campagne où il fait partie intégrante du paysage à la fin du siècle.

Dans le « grand » colportage ou colportage à longue distance, les professionnels de la vente ambulante s'appuient sur un réseau complexe.

On les appelle les Gascons, les Chamagnons, les Savoyards...

Les Gascons, en réalité, viennent des Pyrénées. Quant aux Chamagnons, ce sont des Vosgiens ; en effet quelques uns sont originaires du village de Chamagne (près de Charmes) d'où le nom de Chamagnons qu'on donne aux colporteurs de l'Est en général. Mais on rencontre aussi, parmi ces itinérants, des Jurassiens, des Auvergnats, voire des étrangers...

A côté de ce grand colportage existe aussi un petit colportage, plus local et qui est le fait d'individus isolés et non plus organisés.

De plus, il existe un colportage d'hiver et un d'été ; ces périodes dépendent des produits colportés - l'almanach étant par exemple un article saisonnier - et aussi de l'activité agricole et familiale du colporteur.

Un chemin, à peine, se dessine au bord du canal. Les pas ont, peu à peu, dénudé les pierres, écrasé les herbes. A côté du canal, si droit, qui barre la photographie de son trait, la trace est infime, si légère qu'elle pourrait être celle d'un lutin.

De ceux que l'on pourrait rencontrer, si on les laissait faire, dans ces amas d’herbes pliées, de branches, de mares qu'abandonne le Rhône en revenant dans son lit.

Contrairement aux autres images de la série Lônes, cette photographie représente un univers presque ordonné de rives rectilignes. Sans mystère.

Puis, faisant fi de nos certitudes, des hommes banals qui ont sûrement arpenté ce canal de décharge, de la tristesse de ces abords abimés, on ne retient que la force de ce léger sentier, les détails des herbes ciselées qui se dressent, des cailloux ronds et blancs...

Tout le travail que Jacqueline Salmon a réalisé sur « Le Rhône et le sacré » est en noir et blanc. De grandes photographies carrées, des décors d'un théâtre magique. Jamais la couleur ni la présence humaine ne sont nécessaires ; ce sont des signes qui, avant tout, sont recherchés.

Des contours de créatures mythiques, des marques sur le sol inexpliquées, des croyances archaïques. L'homme n'est là que par les reflets de son imaginaire.

Le marchand spécialisé dans l'image se déplace en général avec un équipement léger. Il porte son stock au dos, rangé dans une caisse ou à plat, dans un carton à dessin équipé de bretelles.

Ainsi, il marche, le bâton d'une main, les images dans l'autre, de maison en maison, de villes en villages. Il présente les images à ses clients directement sur le bras, roulées ou pincées dans une latte de bois. Ou bien ouvre ses cartons devant des clients fascinés… D'autres tendent, entre deux arbres, une corde où ils suspendent les images avec des pincettes en bois, attirant le chaland au son du violon…
Pour son indépendance et ses contacts, le colporteur inquiète les pouvoirs publics. On veille donc à ce qu’il ne puisse rien diffuser de séditieux.

Le colportage des imprimés, libre à la Révolution, soumis sous l'Empire et la Restauration à un contrôle sévère, libéré de nouveau par la République de 1848, est de nouveau fortement réglementé en juillet 1849.

Chaque livre, écrit, brochures, gravures ne peut être imprimé sans l'autorisation des préfets. En 1852, de nouvelles mesures viennent renforcer le dispositif.
Chaque document destiné au colportage ne peut l’être qu’après l'accord d'une commission et doit posséder une estampille.

Une image peut, par exemple, être tout simplement interdite ou obtenir l'accord pour être imprimée et vendue, mais non pour être colportée…
La surveillance fut réellement intense entre 1849 et 1880, jusqu’à la loi de juillet 1881 établissant la liberté de la presse et du colportage.

Au 19ème siècle, toute personne se déplaçant en France - et a fortiori les colporteurs - doit être munie d'un Passeport de l'intérieur.

Il est pris en mairie moyennant deux francs et un certificat de bonne vie et mœurs. Sur le passeport sont précisés la description physique de la personne, son identité et sa profession, ses éventuels compagnons, enfin sa destination.

Ces renseignements sont également portés sur la souche du passeport qui restera conservée en mairie. Valable une année, le voyageur peut l'utiliser pour d'autres destinations que celle établie initialement sur le document. Il fait alors établir un visa dans la ville où il se trouve pour sa nouvelle destination.

Ses visas inscrits au dos du passeport permettent ainsi de reconstituer les trajets effectués durant l'année par les colporteurs.

Au bout d'un an, le colporteur peut renouveler son passeport en échange de l'ancien périmé...

Natif et domicilié à Rehaincourt, un village situé entre Charmes et Rambervillers, il n'est pas un chamagnon à proprement parler.

Toutefois, chamagnon est devenu le terme générique qualifiant tous les colporteurs d'images lorrains, et notre homme en est un.

Nombreuses sont les communes vosgiennes et lorraines dont sont issus les colporteurs d'images et imprimés populaires.

Dans l'ouest des Vosges, Bazoilles-sur-Meuse, Aouze, Aroffe, Haréville-les-Chanteurs, au nom caractéristique…

Tous ces villages à tradition de colportage sont à proximité de grands axes de communication. Les chamagnons se servent des librairies des villes pour se réapprovisionner et même si leur clientèle est essentiellement rurale, la destination des colporteurs d'images est toujours une ville importante.

Chaque année, Nicolas Lévêque alterne deux campagnes de colportage d'un et deux mois maximum, en mars et durant les mois d'été.

Ainsi en mars 1818, il s'est rendu à Langres, Dijon, Gray et Besançon.

Cette campagne de 1819 a duré deux mois. Lévêque, 53 ans, et son fils de 15 ans ont parcouru près de 1000 km, soit en moyenne 16 km par jour, tout en vendant images et imprimés. Pour lui, la vente d'images est un appoint ; il n'est pas issu d'une famille qui pratique le colportage à l'année comme certaines à Chamagne. Il saisit l'opportunité d'être à proximité d'une industrie locale florissante pour en écouler le produit.

Si le chaudronnier ou le ramoneur ne pratiquent que leur « spécialité », il est fréquent que le colporteur ou la colporteuse de mercerie propose aussi des images ou des livrets de littérature populaire. Et inversement, puisque le colporteur d'images a aussi souvent dans sa besace des articles de mercerie.

Deuxième enfant de Pierre et Marie Rumèbe, Honorine naît en 1870. Ses parents, pyrénéens d'origine, sont des colporteurs de toiles et d'articles de mercerie. Ils colportent alors dans les Vosges puis finissent par s'installer en 1874 à Épinal, rue des Petites-Boucheries, parmi d'autres gascons, les Mothe, Sère, Primes, Carbone, Junca...

D’Épinal où se trouve leur stock, la famille part en carriole, s'arrête dans les villages : de là, à pied, les deux enfants rejoignent les fermes isolées.

La boîte d'Honorine est en sapin, avec une lanière de cuir, remplie de trésors... de boutons, de fils, de dentelles, de rubans ou de savons…

En 1883, la famille s'installe à Dompaire puis en 1903, Honorine et son frère achètent un commerce dans la rue principale ; par cette acquisition, la famille s'implante définitivement tout en gardant le commerce ambulant.

A la mort de son frère en 1920, Honorine garde seule le magasin devant lequel elle pose en souriant. Ses descendants poursuivirent en parallèle leur activité ambulante jusqu'en 1980.

Jean-Claude Maurice de Senonges (Vosges) exerce la profession de « chanteur vendant des cantiques » dans la région de Langres lorsqu'en 1811, il prend à Épinal un passeport et s'approvisionne probablement en cantiques spirituels chez Pellerin. Comme le montreur, il utilise le chant pour attirer ses clients, accompagné parfois d'un instrument, le plus souvent d’un violon.

Sur un panneau de toile monte sur un mat, sont collées plusieurs images qu'il décrit... en chantant sur l'air d'un cantique ou d'une complainte selon sa spécialité. Il est souvent accompagné de son épouse et quelquefois de ses enfants. Chacun a un rôle précis.

Le colporteur chante pendant que les autres membres de la famille jouent les chœurs et proposent à la vente, complaintes ou cantiques, sous forme de livrets ou d'images.

Là encore, il se produit davantage dans des lieux populeux propices à la vente tels que foires, places commerçantes des villes et villages que vendant porte à porte, comme nous pourrions l'imaginer.

Dans les registres d'état-civil, Joseph Balland, colporteur de Vagney (Vosges) est dit « marchand rouland » mais, sur son passeport, il est précisé « colporteur de la châsse de St Hubert ».

La hotte attire le chaland naïf qui achète toute sorte de petits objets de piété, crucifix, médailles miraculeuses, chapelets, la miraculeuse bague de saint Hubert qui protège de la rage, des livrets à thème religieux et accessoirement des images. Ce colportage est une spécialité lorraine probablement liée à la confection dans les ateliers nancéens de personnages en cire habillée.

Joseph Balland exerce dans les foires, les fêtes et surtout les centres de pèlerinage. En juillet 1827, il se rend dans les Ardennes, placées sous la protection de saint Hubert, le grand saint local également patron des chasseurs. Début septembre, il est à Avesnes dans le Nord, lieu de pèlerinage dédié à saint Etton. Le 15 septembre, il se trouve à Notre-Dame-de-Liesse dans l'Aisne, où se tient un célèbre pèlerinage marial. Enfin, il rentre par Verdun, Nancy et Epinal fin octobre.

Il a parcouru avec son épouse 930 km, dont on a du mal à penser qu'ils aient pu les parcourir uniquement à pied. La hotte est lourde et les cires sont fragiles.

Le montreur de saint Hubert est certainement le colporteur le plus spectaculaire avec sa hotte agrémentée de personnages en cire, mais ce n'est pas un colporteur d'images à proprement parler bien qu’il en vende aussi.

Le colportage rural répond à un besoin. Jouissant d'une large autonomie, le colporteur peut se porter au devant du client tout au long de son itinéraire et atteindre ainsi les hameaux les plus isolés.

Souvent issu lui-même du milieu rural, il connait bien sa clientèle et peut répondre au mieux à ses goûts et à ses besoins. Nul doute, par exemple, que ses résultats de ventes orientèrent la production des livrets et des estampes.

La coercition et la répression contre la liberté d'expression des humoristes et pamphlétaires subversifs au pouvoir, ajoutés aux moyens plus modernes et plus rapides de communication vinrent à bout de cet homme de l'errance.

Le colporteur fascine. Itinérant face aux sédentaires, parleur face aux silencieux, pourvoyeur face aux acquéreurs, relativement savant face aux ignorants... il est autre, étranger, à la fois attendu et redouté, aimé et détesté...

Sa différence a probablement permis à son souvenir de se perpétuer à l'instar de la chanson : Les Chamagnons (2002).

AUDIO

 

Les chamagnons

 

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Les flotteurs, les forestiers

Les Flotteurs, les forestiers

 

C'est dans la Vosges Lorraine que ces camps-volants se traînent

Dans les forêts de sapins des sautrés et des lutins.

Les uns sont gens de la terre, les autres des bateliers

les uns maîtres de rivière et les autres forestiers.

 

L'ont dit de ces boisilleux, maraudeurs et rebouteux

qu'ils ne craignent point le diable, ni l'enfer et tous ses feux.

Demandez donc aux meuniers tout du long de la vallée

d'vous en causer d'ces sâprés, les flotteurs, les forestiers.

 

Gardez vous de les croiser un beau soir au coin d'un bois,

ces va-nu-pieds, ces sorciers, malandrins et hors la loi.

Les sagards à la cognée, les oualous à bolloyer

Peuples forts mais désoeuvrés sont les flotteurs, les forestiers.

 

Quand les tronces ont bien séchées avant qu'au port soient menées

ils confectionnent la flotte sur La Fave, le Taintroué.

Même si le bon St-Nicolas daigne bien les protéger

souvent boiteux, éclopés sont les flotteurs, les forestiers.

 

Quand à l'automne, les voiles arrivent à destination

il faut rentrer au bercail, faire rougir le tison.

35 lieues sabots aux pieds pour rejoindre son foyer

la saison est terminée pour les flotteurs, les forestiers.

 

C'est dans la Vosges Lorraine que ces camps-volants se traînent

dans les forêts de sapins des sautrés et des lutins.

Les uns sont gens de la terre, les autres des bateliers

les uns maîtres de rivière et les autres forestiers.

 

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Toi qui tant va sur l'Allier

Chanson : Toi qui tant va

Chanson contemporaine.
Le renouveau de la batellerie en Bourbonnais, inspiré d'un marinier-chansonnier de l'Allier et Chavan de surcroît.

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Les sagards et les oualous opus 2

Les Sagards et les Oualous op2

 

Les Sagards

 

De tout temps et en tous lieux, la forêt a été le refuge par excellence, l’abri des malheureux, des insoumis et des fuyards devant les invasions et les guerres intérieures et extérieures.

Au Moyen Age, la forêt désignait le domaine libre par opposition à celui des roturiers et de serfs vivants sur le « ban » ou le « finage ».

Selon les vallées vosgiennes, les libres habitants de la forêt s’appelaient FORESTARII, FROTIES, FROUTIERS ou FORESTAUX ; Farouches individualistes ou insoumis, ils refusaient de payer le « cens » au seigneur et échappaient au « ban » qui recrutaient des fantassins pour le service.

 

 

Les Oualous

 

 

En l'absence de toute industrie et à part quelques artisans, la population ne vit guère que du travail de la forêt, d'un côté les bûcherons, de l'autre les flotteurs. Entre eux, les différences sont nombreuses.

 

Le bûcheron, attaché au sol, n'a d'autre horizon que les grands bois. Il n'a guère quitté son pays et il ne connaît rien que les rues de sa ville, les sapinières profondes et silencieuses, et les chemins qui mènent à la forêt.

 


Le flotteur, lui, a vu du pays. C'est un nomade, un marin — marin d'eau douce, c'est possible, mais marin tout de même. Il a des horizons moins bornés que le bûcheron. Il s'est frotté à plus de gens, il connaît la grande ville, ses plaisirs et ses ressources et, à ce titre, il a plus de prétentions. Son caractère est devenu plus hardi, son humeur plus batailleuse et, comme beaucoup de ceux qui ont couru le monde, il aime parfois à se vanter.

 

Jusqu’au début du XXè siècle cette humanité à part a hanté la forêt vosgienne.

 

 

 

 

 

 

 

Chavans mariniers - Manu Paris

Les Chavans mariniers

Dans la vidéo ci-dessous, vous entendrez Manu Paris qui nous parle du renouveau de la batellerie,

de la naissance d'une passion et de la culture populaire liée à la batellerie en Bourbonnais.

Manu Paris est musicien, chanteur, compositeur au sein de l'association La Chavannée.

Il joue et chante notamment dans le groupe de chansons marines Vent de Galarne.

Comment passe-t-on de musicien à marinier ?

C'est un long cheminement, un apprentissage laborieux, une pratique régulière,

des techniques à acquérir et un savoir faire sans ombrage.

Entretien 1 partie

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Pirates en chansons et chansons des pirates

Pirates en chansons et chansons des pirates

Nous ne savons pas grand chose sur les pirates et pour cause, s'il en était autrement, cela voudrait dire qu'ils n'étaient pas si discrets que ça et que la communication d'informations avérées aurait été une des raisons de leur anéantissement.

Et là, je ne parle pas des corsaires ou des marins issuent de la bourgeoisie ou de la noblesse.

Je parle bien entendu du peuple dit "petit", "humble", modeste", et surtout du peuple opprimé, démuni, bafoué, spolié, miséreux et désespéré mais néanmoins, rebelle, résistant et utopiste.

Defoe puisait l'essentiel de son inspiration dans les tavernes, à l'écoute des voyageurs, des rumeurs, des récits d'aventures et des "messes basses", mais également de l'imaginaire qui en découle.

 

L'imaginaire Pirate

 

Au fil de mes lectures, de mes aventures maritimes et des témoignages de la vie à bord, je me suis mis à rêver ...

De ces rêves sont nés, des histoires, des images, des contes.

Et comme, de conteur à chanteur, il n'y a qu'une clé à tourner, ouvrant la porte de l'inspiration, j'ai reçu du monde des morts, ces histoires afin que ceux qui peuplent ce monde des morts soient présents et en quelque sorte, vivants, le temps d'une chanson.

N'y cherchez pas de références historiques, ne cherchez pas de noms connu, ne cherchez pas des personnages carnavalesques ou d'hollywoodiens, ne cherchez pas, écoutez, prenez et ... mangez en tous !

Le faiseur de chanson vous invite au partage de la nourriture de l'esprit.

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Portrait de Jacques Duval

Jacques DUVAL

(guitare, chant)

J Duval

Né à Metz en 1956, il a toujours chanté.

En famille d’abord, puis dans des chorales collégiennes, s’ouvrant ainsi aux joies de la polyphonie.

La mer, qu’il découvre à 12 ans, va lui apporter la passion du funboard et de la voile en général.

À 16 ans, son premier job d’été règle le coût de sa première guitare.

Il joue à l’époque pour s’accompagner en chanson avec les BrelBrassensCaradec et autour du feu comme il se doit.

Dans le même temps, il se lance dans l’aquarelle et profite de son temps passé en salle d’exposition à attendre les clients éventuels pour travailler toutes les tablatures qui lui passent entre les mains : Dadi pour commencer puis Bensusan,RenbournCarlos JobimJean-Félix Lalanne et toute la fine fleur du picking mondial.

Passe le temps… mais il travaille toujours avec la même envie de progresser et la musique lui est devenue vitale.

Sa philosophie étant de vivre à fond toutes ses passions, il s’initie à la voile traditionnelle ligérienne et à la construction de gabares et futreaux.

Ça ne pouvait que l’amener vers La Bouline.

Il y apporte les chansons traditionnelles de la marine de Loire et quelques compositions personnelles.

Compositions qui méritent d'être remarquées, chantées et transmises car hissées au niveau des grands auteurs contemporains de la chanson française de tradition populaire et chansonnière.

"Fugue de nuit de la Gaillarde" et "La ballade à Jacquot" resteront des chefs-d'oeuvres de la chanson du genre.

Son talent ne s'arrête pas à la chanson, Jacques Duval est également reconnu en tant que peintre-aquarelliste, il peint entre autre, la Loire sur laquelle il navigue et ce, à bord du bateau traditionnel de Loire qu'il a lui même fabriqué car Jacques ne fait rien à la légère. Perfectionniste et minutieux, appliqué et rigoureux il fait apparaître l'objet de son empathie à la manière des grands magiciens.

Possédant plusieurs cordes à son arc, je gage que bientôt, il nous fera découvrir son talent dans l'art de la lutherie.

Peintre, auteur compositeur interprète, menuisier-charpentier, scultpteur et luthier, passeur de mémoire et de savoirs, il est incontestablement Chansonnier-marinier.

Vocable d'eaux pour crier

Vocable d’eaux pour crier

Batiste Vignol en 2001 sort la seconde édition de « Cette chanson que la télé assassine » aux éditions Christian Pirot.

Ouvrage qui vise à dénoncer comme il dit : « le saccage d’une tradition, savamment orchestrée par les médias, les artistes eux-mêmes…et le public, qui s‘y prête ».

Vignol dans son ouvrage, dit ce qu’est la chanson, ce qu’elle n’est pas et ce qu’elle n’est plus et à qui ont le doit.

Auteur compositeur et interprète, puis programmateur dans une émission de télé, il connaît le sujet, c’est pourquoi il en parle avec justesse et réalisme. A l’issue de sa triste expérience il abandonne : « Lassé des caprices de diva … défait par des façons de faire accablantes, abasourdi par si peu d’humanité, honteux d’être d’une basse-cour, j’ai fui le paquebot dans un fou rire d’évadé, trois ans après avoir embarqué ».

Le but de cet article n’est pas de faire un résumé du livre de M. Vignol, mais de relever le vocabulaire que l’écrivain utilise dans son ouvrage par le biais d’extraits choisis.

Plus loin et en conclusion, l'esquisse d'un profil type de « figure montante » ou « groupe émergent ».

Relever le vocabulaire que l’écrivain utilise dans son ouvrage par le biais d’extraits choisis permettra de comprendre pourquoi l'intitulé cet article ainsi.

Batiste Vignol, analyse, dissèque et rend compte du déclin de la chanson telle qu’elle était conçue aux temps où l’inspiration « … Jaillissait d’une bousculade au carrefour des 4 vents… » à défaut d’être l’apanage des « rimailleurs de notre temps… » qui « …extraient de leur charabia une morale convenue et primaire qu’ils beuglent à la télévision… »

« …la chanson qui meurt, c’est une flottille qui fait naufrage et cet échouage ne change rien aux plaisirs de la baignade en solitaire ».

« La chanson, c’est un bateau qui disparaît dans le lointain… »

Les chanteurs à succès : « C’est un raz de marée de mégalomanie qui terrasse la création… »

Une nouvelle chanson : « C’est le départ d’une flottille oui, ou d’un équipage sous les baisers envolés des femmes qui restent à quai ».

« L’appareillage d’un transatlantique sous les flonflons, les guirlandes et les mouchoirs blancs qu’on agite. La chanson a largué les amarres, et elle s’en vogue à vau-l’eau ».

« La chanson avait hier le vent en poupe. Les drapeaux claquaient au grand mât. Les mouettes faisaient un ciel de confettis, l’escadrille une mer de cotillons. La digue était noire de monde. Aujourd’hui la rade est déserte.

« La chanson, c’est un yacht qui navigue vers une destination inconnue dont nul ne sait s’il reviendra ».

« …Elle aurait encore de l’allure, si l’on n’y regardait pas de trop près ».

« Entendez la sirène, elle sonne un joli tintamarre. Savent-ils qu’elle est corne de brume ? L’eau s’est engouffrée dans les entreponts. Adieu la jolie frégate ! »

« La chanson, c’est un bateau qui s’éloigne, dans la pétarade pétroleuse d’embarcations à moteur. Au loin depuis la berge, quand il n’est plus qu’une tache vague dans la houle…le navire ne sera plus qu’un souvenir. Qui s’en souciera ? La chanson est une coquille de noix qui ne captive plus personne ».

Au sujet des émissions qui naguère traitaient de la chanson, comparées à celle de maintenant : « Quand un étang s’assèche et que l’herbe le gagne, il est difficile d’expliquer au pêcheurs du dimanche qu’en réalité elle remonte ».

 « Je baigne dans la chanson Française et j’aperçois aujourd’hui son rivage. C’est un petit lac qui clapote. La source est tarie. L’eau tiédit. » « Moi qui rêvait de poissons volants ! C’est une marre aux canards».

Au sujet des comédies musicales et faisant référence à « Notre dame de paris » de Plamondon et Cocciante : « Esmeralda meurt au palais des congrès » « titrait Le Monde dans l’un des rares articles honnêtes parus dans ce ballet sinistre, noyés dans une marée noire de louanges, déversée par M6, TF1 ? Tapis Rouge et RTL, qui fit autant de désastre sur l’esprit Français que celle de l’Erika salit les côtes atlantiques. Si les Français regardaient moins la télévision, ils auraient été plus nombreux sur les plages Vendéennes à ramasser les galettes de mazout que vomissait le pétrolier ».

A propos de la culture qu’il qualifie de « Gnangnan » : « C’est le chant du cygne d’une expression qui s’enorgueillissait de montrer la voie (avec Brassens, Brel, Férré, etc), et qui s’allonge maintenant dans les eaux noires d’une sentine médiatique ».

« Partisans du moindre effort intellectuel, les Français affalés devant leur téléviseur se raccrochent à ce dont ils se souviennent encore, comme à une bouée, avant que les courants du temps ne les en défassent, en les submergeant. La mémoire est un « Titanic » qui fait chavirer avec lui les trésors d’une civilisation ».

Au sujet de Linda Lemay : « … Est une source d’inspiration gourmande… » « … Comme le Saint-Laurent qui pousserait les eaux sales de la Seine pour inonder Paris, elle redonne à notre langue, tel Félix Leclerc … La primeur de mots clairs et la musicalité de pensées embellies par le temps ». « Linda Lemay est une crue magnifique… »

« La médiocrité à tué la chanson, emmenée par la grande télévision qui se gangrène dans le déshonneur, le culte du moi et l’obsession du résultat. Les fesses en l’air sur l’autel de l’audimat. « Trop d’eau poisseuse a coulé sous les ponts pour en espérer le ressourcement ».

Voilà comment on peut utiliser le vocabulaire maritime ou fluvial pour étayer une idée, un cri, un essai, un pamphlet, un roman, que sais-je encore ?

C’est ainsi que l’auteur s’est exprimé pour défendre ce qui lui est cher, la chanson et le vocabulaire.

Nous qui sommes les passeurs d’une tradition qui veut que les chansons de notre répertoire échappent (mais pour combien de temps encore) à ce que fait la télévision de ces 20 dernières années à la chanson dite Française, soyons vigilants, dignes et exigeants, sans quoi, cet aspect que nous véhiculons de la chanson risque lui aussi de se retrouver dans ce tourbillon infernal qui participera à l’extinction d’un répertoire, d’un état d’esprit, d’une tradition, d’une culture, de l’inspiration, d’un art et de ses représentants.

Le ton est donné avec Nolwenn Leroy et les Marins d’Iroise.

Le libéralisme, la concurrence, le culte de la personnalité, l'ouverture des pratiques amateurs sur le marché du divertissement, le consumérisme et la sous-culture ont envahi le paysage culturel de notre nation aux travers des icônes préfabriqués du système.

Ainsi l'on voit fleurir les nouvelles figures du succès et pour avoir du succès à présent il ne suffit plus d'avoir du talent.

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L'équipage des Chavans - Blog

La Chavannée

Arts et traditions populaires en Bourbonnais

La batellerie des Chavans

Février 1969 : un « club de jeunes » est créé au sein du foyer rural de Château-sur-Allier par Jacques Paris dans l'idée d'animer une petite commune rurale, puis la constitution d'un groupe folklorique dans le but de faire renaître les vieilles coutumes (principalement) du Bourbonnais et promouvoir le folklore.

Ils sont situés à Châteaux sur Allier.

Très vite la Chavannée a commencé à faire du collectage dans le but de réparer le lien des traditions entre les anciens et les plus jeunes.

1er juin 1969 : les premières danses sont présentées dans la cour de la « grande école » à Château, lors de la fête de fin d’année. 

Au fil du temps, La Chavannée évolue, s'entoure d'adhérents actifs, cultivés, passionnés, de chercheurs et de beaucoup d'artistes.

Ils font revivre les traditions et parmi elles, celle de la batellerie.

Le départ de l'histoire batelière,

c'est quand Manu Paris s'est vu offrir une pointe de bourde.

Quand on lui a expliqué l'usage de cet outil, il a commencé à vouloir retrouver tous les gestes des hommes de la rivière.

Manu, musicien-chanteur passe très vite de "savant musicien" à "Chavan-batelier" et s'investi dans cette entreprise assez folle de reconstituer et faire revivre la batellerie d'Allier-Loire et de rencontrer des charpentiers de marine de Loire pour reconstituer une mini flotte de bateaux traditionnels.

Depuis, l'équipe des mariniers chavans n'a cessé de grandir: aujourd'hui 14 bateaux et une vingtaine de mariniers.

Une maison de la batellerie est créée dans une maison entière située dans le quartier historique des mariniers, avec une partie musée et la reconstitution d'un logement de charpentier en bateaux. 

Une barque à deux levées, construite par l’atelier Bissonnier dans les années trente, est conservée sur son chariot d’origine : une rareté parmi d’autres…

La visite permet de découvrir la vie quotidienne des hommes de l’eau et la tradition locale des « chantiers à bateaux ».

L’exposition permanente sur l’ancienne batellerie de l’Allier est ouverte au public depuis l’Ascension jusqu’aux Journées du Patrimoine (sept.), rue du Trou Gandou, au Veurdre, les dimanches et jours fériés de 15h à 18h.

Ils créent "La fête de la rivière" en Mai toujours le Jeudi de l'ascension avec concerts, navigation sur l'Allier, expositions, bal folk ...

Les Chavans se font batelliers, naviguent et chantent la batellerie en créant le groupe "Vent de Galarne".

Le blog "Hors du temps" rend compte de l'activité batelière des Chavans.

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Les chants des marins

L’origine des chants des marins

Il faut remonter à l’époque des premiers navigants.

Elaborés par des gens du peuple non lettrés, des autodidactes anonymes et transmis oralement.

Une partie du répertoire des chansons anciennes nous est accessible depuis le 19ème grâce d’une part aux marins qui ont continués à les pratiquer et à les enrichir, d’autre part aux écrivains qui les ont retranscrites.

A cette époque la marine à voile est à son apogée et les ports remplis des navires marchands résonnent des chants des matelots.

Un dicton marin est : « Quand les marins chantent bien, le bateau va bien ! »

En effet, chanter à bord à plus d’une vertu, ça remonte le moral, ça diverti, ça noie le stress et surtout ça aide à rythmer l’effort lors des manœuvres et à synchroniser les gestes pour les accomplir.

C’est pourquoi il leur faut « s’accorder » afin que l’action sur les cordages soit précise, toniques et complète.

A partir du milieu du 19ème peu de folkloristes et collecteurs s’intéressent aux gens de l’eau.

Edmond de Coussemaker recueille des chants dans les villages côtiers du nord de la France décrivant : campagnes de pêches, chants de travail, complaintes historiques et légendes corsaires.

Mais il faut attendre l’œuvre d’Armand Hayet capitaine au long court qui dès son premier embarquement 15 ans à commencer à noter, les dictons, expressions et histoires, coutumes et les chansons de ses camarades matelots.

Il a publié plusieurs ouvrages qui sont encore actuellement considérés comme référence incontournable des chants de marins et pourtant seuls 14 chants étaient recensés.

Ont peut découper ainsi les différentes formes du chant marin :

  • Cris rythmés, onomatopées primitives soutenant des gestes répétitifs (galères).

  • Chants de halages (à déhaler) audibles dans les ports.

  • Chants à hisser, à nager, à virer, à pomper, du gaillard d’avant

  • Les compositions des hommes de bord

  • Les chants à danser

  • Les chants anglophones

  • Les chansons de ports

  • A relever les filets, à travailler la morue et à curer les runs

  • Les chants de tavernes

  • Les chansons en vogue à Paris, transformée et amarinées

  • Les chants des colonies Française et de la marine militaire

  • Les chansons paillardes

  • Les chansons historiques

Concernant les chants de travail, ceux à hisser ont plusieurs formes, ont trouve donc les chants à hisser dits « à grands coups (perroquet volant, grand hunier volant), à deux coups, à un coup, main sur main (voiles d’étai et focs), à courir (cacatois)  ».

Le chanteur de bord mène le chant, c’est lui qui donne le signal pour que les matelots scandent la réponse en gueulant un refrain ou la répétition de la première phrase ou vers chanté par le meneur.

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Le canal de la Marne au Rhin

La réalisation du canal de la Marne au Rhin

La décision d’entreprendre la réalisation du canal de la Marne au Rhin fut prise après de longs débats qui s’échelonnèrent entre 1830 et 1840.

À cette date l’état réalise les acquisitions de terrains entre le faubourg des Trois Maisons et Jarville. Le tracé retenu permet sans trop de levées de réaliser un seul bief entre Champigneulles et Jarville.

Les gares de stationnement et de retournement sont établies à proximité des grandes voies de communication :

le port de Malzéville, à proximité de Crône et du port sur la Meurthe.

les ports de Sainte Catherine et Saint Georges de part et d’autre de la route de Château Salins aux portes de la ville.

le port de Bonsecours près de la route nationale Nancy-Strasbourg, et de la route d’Epinal.

L'idée de relier la Marne au Rhin;, c'est à dire les voies navigables du bassin de la Seine, à la grande voie rhénane, semble dater de la fin du 18ème siècle. Elle est donc relativement récente.
L'ingénieur militaire Laffite Clave fut chargé par Louis XVI en 1783 de faire une reconnaissance pour le tracé d'un canal entre la Moselle et le Rhin.
Nous trouvons ensuite trace d'un projet dressé par le citoyen Prault-Saint-Germain en 1804.  Son projet semble bien étudié, et le tracé proposé est très voisin du canal qui sera réalisé 50 ans plus tard.
C'est en 1826 que l'étude de cette voie de navigation fut réalisée officiellement par Mr.Brissos, Ingénieur aux Ponts-et-Chaussées, dont le nom restera attaché au canal de la Marne au Rhin.
La construction du canal de la Marne au Rhin fut décidée par la loi du 3 juillet 1838.

Ce vaste chantier dura une dizaine d’années.

En réalité il y avait plusieurs chantiers : terrassement et creusement du canal proprement dit, construction d’aqueducs, amenée d’eau, drainages, construction de ponts tournants, suspendus, passerelles diverses, détournement des égouts avec siphon, écluses, quais de déchargement etc.

Il y eut bien sûr des incidents qui retardèrent les travaux :  en 1845 de fortes infiltrations sont signalées dans les pépinières de monsieur Jacquemin à Malzéville.

Charles E. COLLIGNON Ingénieur 1802 - 1885

COLLIGNON (Charles-Etienne) Né à Metz le 16 mai 1802, il entra en 1821 à l’Ecole polytechnique d’où il sorti dans le corps des ingénieurs des Ponts-et-Chaussées. Il fut nommé ingénieur en chef de la 2ème section du Canal de la Marne au Rhin et à ce titre fut maître d’oeuvre du tracé de cet ouvrage à Nancy.

Par la suite il fut chargé du tracé de la ligne de chemin de fer de Paris à Strasbourg. Il défendait l’option, finalement retenue en 1842, de faire passer l’ouvrage par Nancy et Lunéville.

Après avoir étudié un premier projet entre le canal et la ville, il abandonna cette option qui ne permettait pas un grand développement de la gare au profit de la solution actuelle à l’ouest des anciens remparts de Nancy.

En 1845, il fut élu député pour l’arrondissement de Sarrebourg et réélu jusqu’en 1848. Inspecteur général des Ponts en 1854, il fut appelé, trois ans plus tard, en Russie pour créer et diriger les chemins de fer impériaux.

Conseiller d’Etat en 1872, il mourut à Paris le 6 décembre 1885, sans postérité.

Il était commandeur de la légion d’honneur (1867). On lui doit de nombreuses études sur les chemins de fer et les canaux, notamment : rapport fait au Conseil municipal de Nancy sur le tracé du chemin de fer de Paris/Strasbourg, 1841 ; Du concours des canaux et des chemins de fer et de l’achèvement du canal de la Marne au Rhin, 1845.

La mise en eau définitive commence en 1849.

Peu de temps après la mise en eau des bassins St Georges et Ste Catherine, la digue se rompt au « château Grignon » (ancienne usine à gaz) inondant les chantiers de bois installés entre le canal et la Meurthe.

L’ouvrage ayant coupé en long l’espace entre la ville et la Meurthe, les nécessités de circulation entraînent la création de chemins d’exploitation comme en 1846 celui qui allait devenir la rue Oberlin pour relier à nouveau la route de Metz et le pont de Malzéville aux Grands Moulins.

Il comptait à l'origine 178 écluses réparties sur 314 km, ce qui donne une longueur moyenne de 1,7 km par bief.
La chute moyenne est de 2,60 m par écluse. Construit avec un mouillage ( profondeur d'eau ) de 1,80 m et des écluses de 34,50 m, ses mesures furent par la suite portées à 2,60 demouillage pour une longueur de 38,50 m en 1895.

Très rapidement des activités s’installent sur les deux rives en particulier les dépôts et commerces de bois et houille, d’où la nécessité impérative de remblayer les terrains, de combler les mortes comme celle du pont Cassé en 1851.

Un incessant trafic de chariots de pierres allait traverser la ville en provenance des carrières situées à Vandoeuvre, Laxou, Boudonville. Devant ces nuisances, les voies étaient défoncées, le maire de Nancy prit un arrêté réglementant les trajets et les portes à emprunter par les transports de remblais suivant leur provenance et leur destination.

Le nombre restreint de pont sur la Meurthe se faisant sentir, en 1842, Monsieur le Baron Buquet, qui deviendra maire de Nancy sous le second Empire, entreprend à ses frais la construction du pont de Tomblaine. Il sera à péage jusqu’en 1896 date à laquelle il fut racheté par la ville.

Parallèlement à la construction du canal et à l’établissement progressif sur ses rives, de nombreux établissements industriels, un deuxième chantier plus important encore pour le devenir de la ville allait s’ouvrir sur notre territoire, la création des chemins de fer.

En 1850, la ligne Nancy-Frouard est ouverte à la circulation, une gare provisoire de voyageurs est installée ainsi que la gare des marchandises, quelques mois plus tard la ligne permet d’atteindre Commercy.

En 1852, la ville de Sarrebourg est reliée à Nancy, alors que le creusement du tunnel de Lutzelbourg est en bonne voie d’achèvement.

En 1854, les ateliers ainsi qu’une rotonde pour les locomotives sont construits au faubourg St Jean.

En 1856, la gare de voyageurs que nous connaissons encore aujourd’hui, oeuvre de l’architecte Châtelain, est inaugurée.

On considère qu’en 1855 la canal de la Marne au Rhin est achevé au moment où la métallurgie se déplace de la haute Marne vers le coeur de la Lorraine.

En 1866 il est relié à la Sarre par le canal des « Houillères ».

En 1878 la Meuse canalisée, et le canal de la Moselle à la Saône précèdent l’essor de la grande sidérurgie. Il faudra attendre 1932 pour voir naître le canal des « mines de fer de la Moselle » de Metz à Thionville pour relier la Lorraine annexée de 1870 à 1918, au seul canal est-ouest. Cette liaison (comme la canalisation de la Meuse), arrivée trop tardivement, sera vite concurrencée par le chemin de fer dont elle ne deviendra qu’un auxiliaire.

Les différents moyens de traction utilisés

Le premier procédé de traction sur le canal de la Marne au Rhin fut la traction par cheval ou par mulet. 

Chaque péniche possédait de 2 à 4 chevaux.
La traction à cheval subsiste pendant tout le XIXème siècle, et même parfois jusqu'au milieu du XXème siècle. 

En 1895 est inaugurée la traction par cheval "électrique" roulant directement sur la berge; mais la préférence est bientôt donnée aux tracteurs électriques sur rails.

Plus tard apparaît l'automoteur (péniche à moteur). Bien qu'il implique un investissement plus élevé qu'un bateau tracté, il présente du fait de son autonomie, une grande souplesse d'utilisation.

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Croisière Culturelle sur la Moselle

Illustration musicale en croisière autour de Toul

Dans le cadre de « Vauban et la voie d’eau »

Organisé par :L’association «  Les boucles de la Moselle ».

Chansons des gens d’eaux : Répertoire de compositions de Rohan ( Auteur-compositeur-interprète )

et chansons et contes du répertoire traditionnel populaire*

A chaque étape du parcours correspond une chanson, un récit ou un conte.

ALLER

1 Au temps de la batellerie d’avant

2 Le novice à l’écluse 3

3 La bourrée dans le pré 4

4 Quand j’étais éclusier

5 Dans nos péniches* 2

6 Les lavandières

7 La chanson du capitaine

8 La chanson du matelot

9 Les dix bourriques 1 5

10 Derrière de chez mon père*

RETOUR

-Conte : le passeur*

-Instrumental

-Le long de la rivière

-La barque à Dujonc

-Hé ho !du bateau

-Au fil de l’eau

-Gaiement marinier 6

-L’amour marinière

-Quand on est marinier

Carte boucle moselle

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La piraterie - suite 2

Les chansons de pirates

les pirates en chansons

Nous ne savons pas grand chose sur les pirates et pour cause, s'il en était autrement, cela voudrait dire qu'ils n'étaient pas si discrets que ça et que la communication d'informations avérées aurait été une des raisons de leur anéantissement.

Et là, je ne parle pas des corsaires ou des marins issuent de la bourgeoisie ou de la noblesse.

Je parle bien entendu du peuple dit "petit", "humble","modeste", et surtout du peuple opprimé, démuni, bafoué, spolié, miséreux et désespéré mais néanmoins, rebelle, résistant et utopiste.

Defoe puisait l'essentiel de son inspiration dans les tavernes, à l'écoute des voyageurs, des rumeurs, des récits d'aventures et des "messes basses", mais également de l'imaginaire qui en découle.

 L'imaginaire Pirate

 

Au fil de mes lectures, de mes aventures maritimes et des témoignages de la vie à bord, je me suis mis à rêver ... De ces rêves sont nés, des histoires, des images, des contes.

Et comme, de conteur à chanteur, il n'y a qu'une clé à tourner, ouvrant la porte de l'inspiration, j'ai reçu du monde des morts, ces histoires afin que ceux qui peuplent ce monde des morts soient présents et en quelque sorte, vivants, le temps d'une chanson.

 N'y cherchez pas de références historiques, ne cherchez pas de noms connu, ne cherchez pas des personnages carnavalesques ou d'hollywoodiens, ne cherchez pas, écoutez, prenez et ... mangez en tous !

Le faiseur de chanson vous invite au partage de la nourriture de l'esprit.

 MOR BRAZ

groupe musical

Chansons d'aventures maritimes et de la piraterie.

 

 

Entre deux airs, Mor Braz conte et raconte

la vie à bord et aux abords avec pédagogie et humour.

 

Au commencement :

 

"Terre en vue !  Terre en vue !"  

Les voyageurs vont accoster en chanson.

 

MOR BRAZ voyage sur les mers du monde pour vous livrer 

leur butin constitué d'histoires : 

celles des gens de l’eau et des littoraux, avec leur cortège d'aventures, de vocabulaire, de savoirs-faire et de traditions que ces musiciens mettent en valeur.

 

Puis ils vous embarquent à bord des anciens voiliers pour partir à l'aventure.

 

Au son de la cornemuse,de la flûte,de la bombarde,de l'accordéon, de la guitare, du bouzouki et des tambours,ils évoquent la marine à voile,la vie à bord,

les manœuvres,les courses,les récits du temps de la flibuste,les escales,

les ports,les tavernes,la bamboche et les amours.

 

Coups de vents,coups de gueules et coups de sang,d'aventures en aventures,

de ports en ports les gabiers du MOR BRAZ ne mollissent pas.

 

Si vous n'allez pas à la mer, c'est elle qui viendra à vous !

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La piraterie - suite 1

La piraterie

L'expression du peuple

La piraterie existe depuis l'antiquité, sur mer, sur terre, maintenant dans les airs.

 C'est un véritable phénomène social.

 

Quand face à l'injustice, la barbarie et le totalitarisme sous toute ses formes les êtres humains n'ont plus d'autre alternative pour simplement survivre que d'attaquer l'ordre établit et ceux qui le cautionnent de quelque manière que ce soit.

Quand face au désarrois quotidien les gens n'ont pas d'autre choix que de mourir de misère, de maladie et de mépris en n'ayant pour seule perspective pour leurs enfants que de vivre dans la plus vile des soumission.

Quand les hommes et les femmes se mettent a considérer que la mort vaudrais peut-être mieux qu'une existence sans lendemain confinée perpétuellement dans le déni de leurs valeurs et de leurs besoins les plus élémentaires.

Quand la seule réponse  aux cris de souffrances et aux suppliques légitimes ne répondent que la mitraille, la répression et la brutalité sans limite des sbires indignes tirant leur pitance de la faiblesse de l'abnégation,alors s'allume les feux de la révolte qui consument les valeurs humanismes, alors la tolérance et la fraternité s'effacent pour laisser la place à la haine et à la vengeance, alors s'ouvrent les portes du mal pour engloutir ce qui fut même les plus belles âmes ...

Peu de gens sont nés pirates, peu de gens ont voulut comme idéal une vie de rapine et de fuite, peu de gens ont pu trouver in fines l'équilibre et le bonheur dans le sang, la cruauté et les larmes, mais la majorités de ceux qui se sont perdus dans l'utopie d'une victoire ultime face à l'ignominieuse prédisposition de l'homme à se nourrir de son prochain, avait-il vraiment le choix ?

Quand sa détresse, sa souffrance, quand sa voix n'est pas entendue l'homme existe-t-il vraiment ?

 La piraterie, outre l'imagerie que l'on peut s'en faire n'est pas grand chose d'autre en somme qu'une révolte face à l'intolérable, un refus de se soumettre à l'inacceptable, extrême certes, comme l'étaient les conditions de vie autrefois, ou comme le sont les conditions de vie de certains encore, maintenant ...

Une seule chose est certaine, c'est que derrière toutes les déviances et abus du système, derrière toutes les souffrances des peuples, passés et présents,derrière toute les atrocités de l'histoire de l'humanité se cachent des prédateurs, des gens de mauvaise fois et de piètre humanisme.

C'est récurent, et encore maintenant, outre les nouvelles technologies qui permettent d'arriver plus vite aux fins les plus abjectes, ces prédateurs calculent, mystifient, conceptualisent et s'érigent en "establisment".

Une de leurs armes les plus performantes, c'est le mensonge, la dénaturation de la, des réalités ...

Faire croire est leur devise, ils te diront d'aller à gauche pour que tu sois plus propre avec leur nouveau produit, mais tu mourras asphyxié de ne pas avoir bien discerner l'étiquette qui est cachée sous l'impeccable costume trois pièces a 1000 écus.

Et si, chance pour toi, tu as la lucidité et que tu ressent le besoin d'en avertir tes paires, alors pour tous, entre les tabloïdes et les méthodes de conditionnement à la désinformation tu deviendras subversif, nocif, pessimiste, ou populiste selon ...

Pour la comprendre et pouvoir espérer l'améliorer, l'histoire de l'homme, piraterie incluse doit être dites comme elle est, sale, sanglante, mauvaise, cruelle, mais aussi remplie d'amours, d'espoirs et d'avancées ...

La piraterie - Expression du peuple -

Commentaires d'internautes et connaissances partisanes

Tel le joli Rogers, l'histoire de la piraterie s'est tissée dans la trame de l'humanité en noir et blanc. 

Lui donner des couleurs qui ne concordent pas avec ses réalités c'est mettre du bleu du ciel dans le rouge du sang.

Nous artistes, passionnés, évocateurs, reconstituteurs, auteurs ou historiens, si nous sommes là, empreint d'envies et de passions, quel que soit nos philosophies et nos tempéraments, c'est qu'un jour, quelqu'un était là, présent, dans la littérature, les arts, le cinéma, l'éducation, notre vie aussi peu être ...

Et que ce quelque chose a susciter en nous ce vent de non conformisme et cette considération pour les révoltés, les insoumis, les utopies, les lumières d'humanisme, et les grands principes d'expressions d'égalité des droits et des libertés individuelles ...

Remercions ces gens qui ont su, à leur façon, perpétuer la mémoire des pauvres âmes martyrs qui ont donner leur vie pour que nous puissions avoir aujourd'hui, malgré tout, le droit de dire NON.

Montrons nous digne de tout ses sacrifices et de cette créativité en perpétuant à notre tour, chacun à notre rythme, avec nos valeurs, nos aptitudes, nos possibilités, nos limites, nos sensibilités, avec lucidité surtout, pour faire face à l'adversité, en se reconnaissant, se considérant, se soutenant, se respectant en tant que tels dans toutes nos différences. 

Soyons tolérant les uns envers les autres, reconstituteurs, évocateurs, quelques soient les formes que nous sommes susceptibles de donner à notre passion, notre fond est forgé du même idéal.

L'union fait la force, les différences font la richesse de cette force et la complémentarité augmente sa puissance.

 

 

Source : Membre FDLC : feel2fer

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La piraterie

La piraterie du 15ème au 18ème siècle

Activisme politique ou Le rêve d’une société alternative

Loin de l’imagerie Spinalienne, des clichés et autres caricatures carnavalesques attribués aux pirates et à l’histoire de la piraterie en général, (réduite temporellement aux 17ème et 18ème siècles, la piraterie à toujours existé et ce depuis que les hommes pratiquent le transport sur la voie d’eau).

J’aimerais dans cet article faire un résumé de ce qui apparaît au regard des ouvrages sur le sujet concernant l’aspect politique et philosophique de la piraterie.

Tout commence par le (long) processus de décloisonnement des mondes initié par l’infant Henri le navigateur, ministre de l’expansion Portugaise à l’origine des grandes expéditions maritimes Européennes (« l’infant de la mer » de Ph. D’Estailleur Chanteraine/Ed.Les sept couleurs).

Quelques dates inhérentes à ce processus : 1415 marque la 1ère installation européenne (Portugal) sur le littoral Africain avec la prise de Ceuta par l’infant Henri ; 1434, franchissement du cap Bojador par le Portugais Gil Eanes ; 1487, franchissement du cap de bonne espérance (cap des tempêtes) par Bartolomeo Dias.

A savoir que les Chinois qui connaissaient déjà l’usage de la boussole deux siècles avant notre ère bourlinguaient déjà dans la mer de Chine et au-delà à partir du début du 15ème. Sans compter à cette époque, également les Génois, les Vénitiens, Aragonais, Castillans et Français.

Je passerai l’épisode bas-moyenâgeux concernant l’épopée maritime de Brendan, sensé avoir découvert les Canaries et probablement Madère et les Açores.

Il me semble tout de même important de citer les Canaries, Madère et les Açores en cela qu’elles sont en ce début de 15ème siècle, des escales quasi obligatoires pour le ravitaillement en eau, en denrées et surtout en bois pour réparer les bateaux (Madère: « bois » en Portugais, était une vaste forêt).

Au-delà de ces îles, on croyait les mers peuplées de monstres en tous genres, la mer effraie autant qu’elle attire la curiosité qui bientôt aura raison des peurs avec le goût du risque et de l’aventure.

L’aventure transatlantique

A partir de la découverte par Colomb des îles de l’Amérique centrale et de ses richesses aurifères, les voyages des (pirates) découvreurs n’auront de cesse. Je précise pirates car il s’agit bien de piraterie en cela que terres, biens et richesses des autochtones furent pillés et les populations décimées.

C’est d’ailleurs les génocides (à commencer par celui de Colomb aux Bahamas) qui ont incités les « Conquérants* » Européens à multiplier la traite des populations Africaines pour les envoyer sur ces îles exsangues afin d’alimenter le marché de l’esclavage. Ainsi, Jean Cabot atteindra l’île du Cap Breton, Vasco de Gama, Calicut etc.

Tout cela empreint de désir d’évangélisation, de curiosité scientifique, ethnologique et ethnographique et sous couvert d’expansion du Christianisme masquant la soif de richesse et l’âpreté du gain pour les nantis de ce monde.

Autrement dit, de l’expansion capitaliste de quelques privilégiés de la haute société, de la noblesse et de la monarchie.

En effet, la monarchie de Philippe II d’Espagne s’impose comme étant la 1ère puissance mondiale par le jeu des alliances dynastiques. Près d’un siècle avant, le 4 mai 1493 à Rome, le pape Espagnol Alexandre VI partage le monde entre Portugais et Espagnols en traçant une ligne de démarcation entre les possessions territoriales de ces deux nations frappant d’excommunication tout étranger qui s’aventurerait au-delà de cent lieues à l’ouest des Açores.

Déjà, pirates et corsaires écumes les mers et les côtes afin d’intercepter les bateaux regorgeant des richesses du nouveau monde (Colomb contraint de se mettre à l’abri à Madère lors de sont 3ème voyage, par des pirates Français).

Après la mort d’Isabelle la catholique (1504) Henry VIII esquisse les bases de la royal navy jusqu’à ce que sa fille Elisabeth1ère fasse de l’Angleterre une véritable « nation pirate ». François la Salamandre 1er du nom se lance à son tour à la conquête des Indes occidentales avec Verrazzano(1523)(New-York), les Parmentier (1529) (Sumatra) et Cartier (1534)(Canada).

Il est utile de préciser qu’à partir de 1503 en Espagne (Séville), fût créée une nouvelle cellule royale du nom de « Casa de contracion » (maison de traite) qui avait l’entière responsabilité de la navigation et du commerce transatlantique, chargée d’organiser le trafic, former un corps de pilotes, tracer les routes, contrôler la garantie des perceptions aux arrivées de la part revenant au roi, de la taxe prélevée sur les échanges et de tenir une comptabilité rigoureuse de tout ce qui sortait et arrivait en Espagne issu des courses transatlantiques.

Un système administratif et comptable bien rôdé, mais prenant des proportions telles qu’il fallut élaborer un système de contrôle où les contrôleurs (subalternes) devaient être à leur tour contrôlés par des officiers eux-mêmes contrôlés par des employés supérieurs.

Mais les vices de ce système (efficace d’un certain point de vue, ne l’était pas d’un autre) conduisait à des fraudes et activités de contrebande du fait des colons, contraint de payer des taxes (le Quint royal).

La flibuste Antillaise naquit de cette contrebande.

Autrement dit, et afin de clore ce chapitre, il est d’évidence que la piraterie résulte d’un capitalisme ambitieux, meurtrier et ne servant qu’aux élites et nantis de ce monde. La fin du moyen âge fit donc place à la Renaissance, mais renaissance de quoi sinon celle de l’empire de Rome que l’on croyait être une marque du passé.

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La nuit des poses

La nuit des poses

Poème alchimique illustrant un conte musical dont le manuscrit a disparu.

Créé à l'origine pour des enfants il racontait l'histoire de Rosie la goutte et les mystères de « l'anima mundi ».

Ce qui m'en reste de mémoire, tient en ces quelques bribes qui résument assez maladroitement le sujet

au regard de sa forme et de son contenu pouvant paraître hermétique autant qu'énigmatique pour l'adulte,

mais qui n'échappe pas aux sens exacerbés d'un enfant.

Voici en substance, ce qu'il en reste.

La nuit des poses

La nuit dépose bien des choses

quand la terre est endormie

allons voir à l'aube la rose

à la source qui jaillit.

Tout ce qui vient d'en haut

et se pose ici bas

Tout croît, se métamorphose

C'est ainsi que la vie va.

La nuit dépose bien des choses

La vie va tant et si bien

allons voir à l'aube la rose

et la rosée du matin.

Éclat de perle de lune

déposée là en chemin.

Se dissipera la brume

Et tout ne fera plus qu'un.

La nuit dépose bien des choses

Et la bulle se souvient

toute la mémoire des choses

reste blottit en son sein.

De mystères en métamorphoses

de lumières en souffles divins,

la nuit dépose bien des choses

comme rosée du matin.

Rohan Le Barde

Les Sagards et les Walous

C'est l'histoire d'un sagard et d'un oualou !

Le sagard

Celui-ci comme tant d'autres de ses confrères « boisilleux » faisait sa saison de coupe en forêt, travaillant le jour et dormant la nuit dans sa hutte.

Comme tant d'autres de ses confrères « boisilleux », il avait quitté le foyer familiale ou la ferme et y reviendrait après quelques mois d'un dur labeur.

Le oualou

Il lui arrivait de faire affaire avec un batelier flotteur de voiles ( la voile est un assemblage de bossets autrement dit de radeaux formant un train de bois flotté), communément nommé oualou en Lorraine, en lui vendant ou en lui troquant quelques harts (jeunes branches flexibles servant à lier les billes de bois en radeaux) que le flotteur n'aurait pas à aller chercher dans les bois, d'autant que la fourniture en harts était très réglementée et contrôlée, ce qui n'empêchait pas quelques trafiques entre sagards et oualous.

Le métier des uns étant dépendant de celui des autres, ils s'accommodaient tant qu'ils le pouvaient pour satisfaire leurs affaires mutuelles et quelques fois individuelles car le salaire d'un sagard étant d'un peu inférieur à celui d'un oualou, il fallait trouver de quoi grossir le pécule et renflouer ce qui avait été bu.

Tous accomplissaient des exploits, les sagards par les dangers de la coupe, les oualous par le danger des chemins de l'eau et tous deux par leur résistance aux pénibles conditions de travail, à la faim, à l'insalubrité des cabanes et la rigueur du climat.

A cette époque plus de 200 oualous pratiquaient le flottage des rives de la Meurthe, de la Moselle française à la Moselle allemande et au-delà car le bois Vosgien était prisé des chantiers de construction de bateaux en Hollande. Le bois de chauffage étant réservé à la consommation locale et régionale.

On disait de ces oualous : qu'ils avaient « mauvaise tête mais bon coeur », « qu'ils ne manquent ni de cœur ni d'estomac » ou encore qu'ils sont « hâbleurs et râleurs ».

S'ils étaient la gloire du pays, choyés par les aubergistes, admirés de certains riverains, ils n'en étaient pas moins diabolisés par les meuniers, les éclusiers et les industriels des usines riveraines obligés de cesser leurs activités à cause du « bran » (courant) qu'il fallait provoquer pour faciliter le passage de la flotte.

La saison touche à sa fin et force est de constater que le sagard va s'en revenir bien moins riche que prévu et qu'ainsi la honte et le déshonneur le poursuivront jusqu'à la prochaine saison si cette dernière ne s'avérait pas plus fructueuse.

Les harts seront désormais payables uniquement en monnaie sonnante et trébuchante avec une légère hausse en dédommagement des risques encourus.

La bagarre et les coups.

Mais le oualou ne voyait pas ça du même œil et les voilà qui haussent le ton, qui gesticulent et qui s'empoignent par le col. Alors le dôleur (chef d'équipe) intervient et tout en bottant le cul du sagard, le redirige vers le chantier.

Quel temps perdu pour le oualou qui va devoir trouver puis tailler et mouiller ses harts lui même sans se faire remarquer ou sans avoir à justifier d'où ou de qui il les tient.

Ah ! Il le maudissait le sagard, le oualou !

Il lui tordrait bien le cou le oualou, au sagard !

Pour lui avoir fait ce mauvais coup, le sagard au oualou !

La voile est en marche, les oualous coiffés d'un large chapeau noir, acheminent lentement le train de bois qui prendra de la vitesse un peu plus loin et qu'il faudra gouverner habilement à l'aide du « forêt » et du « cheval » (perches) sans abîmer ni les bois, ni la marchandise qu'ils transportent, ni les berges.

Raon l'étape la voile est arrivée.

La tappe étant payée, de la Meurthe ses hôtes libérés, le oualou s'en va au cabaret où il est un habitué.

En chemin, son oreille expérimentée est attirée par un cri sourd provenant de la rivière en contre bas où se tournent rapidement ses pas. Son regard expert scrute rapidement la surface des eaux et il lui fallu peu de temps pour apercevoir une tête et deux mains qui s'agitaient énergiquement.

Sans se dévêtir, le oualou plonge depuis la berge pentue et disparaît sous l'onde trouble.

Au bout d'un instant, un autre cri et soudain la tête et les mains qui s'agitaient surgirent de la surface puis en s'élevant, dévoilèrent du visage jusqu'à la taille, une fort jolie demoiselle que le oualou ramena saine et sauve sur la rive luisante et boueuse.

Elle s'était aventurée hasardeusement et rêveuse, bien trop au bord glissant de la rive alors que sa mère l'avait envoyée chercher du lard pour la soupe et des provisions en prévision du retour de son père qui n'était autre que le fameux sagard !

Ce fait divers ne passant pas pour chose banale dans ces contrées, le colportage de rumeurs toujours d'usage faisant la joie des récuspotos comme ont dit à St-Dié, on eu tôt fait d'en faire railleries et sornettes.

Trois jours après le départ du train de bois, la saison du sagard étant achevée, c'est à pied, accompagné d'autres forestiers, qu'il prit le chemin du retour pour trois bons jours de marche.

Comme tant d'autres de ses confrères « boisilleux » il va au cabaret pour boire et fêter la fin de la saison d'enfer avant de retourner à son foyer!

Depuis le jour du sauvetage, au jour du retour du sagard, les avis et versions des faits divergeaient selon la clientèle du cabaret qui se composait de deux groupes.

Ceux qui disaient à haute voix que l'imprudente n'avait rien à faire de ce côté et que sans l'héroïsme dont avait fait preuve le courageux oualou, la demoiselle serait morte noyée et emportée par les eaux.

Ceux qui à voix basse disaient des choses comme : « Poule mouillée, poule à plumée ! »

Quand les sagards entrèrent dans le cabaret, il n'y avait plus beaucoup de oualous étrangers, la plupart d'entre eux avaient pris la route du retour le long des chemins de halage car ils venaient de plus loin, de St-Nicolas de port, de Nancy ou Frouard.

Étaient présents seulement, ceux qui étaient de Raon ou à proximité.

On se salue, on va s'asseoir et on commande à boire.

« Qu'elles nouvelles apportez vous les oualous ?! »

Parce qu'il faut dire que la mobilité, caractéristique essentielle des oualous, faisant partie intégrante du monde de la batellerie, qui leur faisaient voir du pays,

facilitait le colportage des nouvelles et des messages personnels des gens de la montagne à ceux de la vallée et inversement comme cela se pratiquait entre éclusiers et mariniers.

La question tombait à point.

« La nouvelle, c'est que j'connais un sagard qui, au oualou va payer à boire ! » lança le patron derrière son bar.

« Bah ! Mon 'ieux t'sé pas tout ! Te woua wouar !» dit encore le oualou.

On fit silence dans la salle, tous les sagards assis autour des tables, les oualous tous à un bout du comptoir, à l'autre bout, les clients ordinaires et tous avaient un air expectatif et hagard.

« C'est qu'il a sauvé ta fille des eaux l'sâpré ! » dit le cabaretier.

« Et même qu'il aurait pu y laisser sa peau » répliqua un des oualous.

« Oualà c'que c'est d'traîner ! » envoya un client habitué.

Non de bois de petits pois !

La bagarre éclata lorsque l'un des oualous accoudé au comptoir dit au sagard : 

« Pas sûr qu'elle fut aussi vierge en sortant des eaux qu'elle ne le fut en y entrant ! »

Ce fait divers se répandit partout dans le pays et c'est sans doute à cette occasion que naquit la chanson des sagards et des oualous.

Flottage le oualou

Les Sagards et les Oualous op2

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