arts

Les flotteurs, les forestiers

Les Flotteurs, les forestiers

 

C'est dans la Vosges Lorraine que ces camps-volants se traînent

Dans les forêts de sapins des sautrés et des lutins.

Les uns sont gens de la terre, les autres des bateliers

les uns maîtres de rivière et les autres forestiers.

 

L'ont dit de ces boisilleux, maraudeurs et rebouteux

qu'ils ne craignent point le diable, ni l'enfer et tous ses feux.

Demandez donc aux meuniers tout du long de la vallée

d'vous en causer d'ces sâprés, les flotteurs, les forestiers.

 

Gardez vous de les croiser un beau soir au coin d'un bois,

ces va-nu-pieds, ces sorciers, malandrins et hors la loi.

Les sagards à la cognée, les oualous à bolloyer

Peuples forts mais désoeuvrés sont les flotteurs, les forestiers.

 

Quand les tronces ont bien séchées avant qu'au port soient menées

ils confectionnent la flotte sur La Fave, le Taintroué.

Même si le bon St-Nicolas daigne bien les protéger

souvent boiteux, éclopés sont les flotteurs, les forestiers.

 

Quand à l'automne, les voiles arrivent à destination

il faut rentrer au bercail, faire rougir le tison.

35 lieues sabots aux pieds pour rejoindre son foyer

la saison est terminée pour les flotteurs, les forestiers.

 

C'est dans la Vosges Lorraine que ces camps-volants se traînent

dans les forêts de sapins des sautrés et des lutins.

Les uns sont gens de la terre, les autres des bateliers

les uns maîtres de rivière et les autres forestiers.

 

Lire la suite

Le chant comme expression et culture populaire

Afin qu’aucune page de l’histoire des gens du pays de France ne soit oubliée

qu’ils soient professionnels ou amateurs passionnés, auteurs, collecteurs, historiens et archivistes s’emploient à publier le fruit de leurs recherches concernant les gens d’eau et plus particulièrement, les voituriers de la voie d’eau, les nautes, autrement dit, les bateliers.

En effet, ces dernières années, affluent, les ouvrages littéraires, historiques, sociologiques, ethnologiques, ethnomusicologiques, photographiques ou techniques, liés au milieu fluvial.

Il semble y avoir urgence à sauvegarder et cultiver un héritage menacé entre autres par l’ignorance, le manque d’intérêt général, l’uniformisation, les spéculations financières, l’internationalisation culturelle, conduisant à la disparition progressive de la mémoire populaire d’une corporation millénaire.

Grâce à ces ouvrages, le « d’à terre » en sait un peu plus sur l’histoire des voies navigables de France et la contribution de ses utilisateurs à l’essor industriel et économique de notre pays.

Il sait également que le marinier est un marginal fier et solitaire, farouche, gueulard et bagarreur car c’est souvent sous ces aspects qu’il est décrit.

Certes, le « d’à bord » est différent de vous et moi ( qui ne suis marinier que de par ma formation professionnelle, et non par filiation car dans le milieu, on est marinier parce qu’on né marinier ), il se distingue entre autre par sa mobilité, son vocabulaire et ses expressions, les uns impliquant les autres. 

« Au commencement était l'eau et de l'eau vint la vie …

Depuis l'aube de l'humanité les hommes se sont rassemblés aux abords des cours d'eaux afin d'y construire les premières sociétés »...

Avec la disparition des corporations des gens d'eaux, de leurs cultures et traditions, de leurs techniques et savoirs-faire et de leurs vocabulaires, l'homme perd ses racines, sa source, sa genèse et son histoire. Un peuple sans histoire est un peuple qui n'existe pas.

Combien de larmes de marinières et de mariniers j'ai vu couler le long de leurs visage ambrés et burinés par le temps, à l'écoute des témoignages enchantés qui reflètent leur vie de bonheurs et d'infortunes passée au fil des eaux sur lesquels ils sont nés ?

Qui s'est intéressé à ces gens si discrets, si farouches, si pudiques qui ne font que passer comme des étrangers ?

Peu loquaces avec les gens d'à terre, ils savent être bavards avec ceux qui leur rendent hommage.

Jusqu'à récemment, les chansons qui évoquent la batellerie étaient diffusent et n'étaient présentent au répertoire des chanteurs et chanteuses de cabarets et des groupes de chants de marins (qui pour un certain nombre d'entre eux ne comptent souvent pas plus de chanteurs que de marins), que pour agrémenter ce répertoire.

Si la Lorraine n'a à présent qu'un seul chantre pour évoquer la vie de ces gens d'eaux, d'autres régions ont leurs nouveaux trouvères, leurs conteurs et joueurs de sons.

La Loire et l'Allier se font de plus en plus entendre au travers de leurs troubadours des temps modernes, ainsi que la Dordogne et la Garonne, le canal de Nantes à Brest, le canal du midi et la Seine.

De tous ces chansonniers, peu à quelques exceptions près, ont élaborés un répertoire spécifique des mariniers ou de la vie batelière pour plusieurs raisons dont, le manque d'intérêt dans le marché du divertissement, le manque de documents, de collectages, d'archivages, de créations nouvelles et l'abandon de l'usage du chant au travail et du chant de travail ou évoquant les métiers d'autrefois, qui plus est s'ils ont disparus. 

C'est parce que je suis à la fois « d'à terre » et « d'à bord » que j'ai pu approcher ce peuple comme je l'ai fait et recueillir ce qu'en partie, je partage et livre dans cet ouvrage.

Pour leur rendre hommage

Et pour leur faire honneur

N’est point de plus beau témoignage

Que celui d’un chanteur.

J'invite donc tous les chansonniers dignent de ce nom, de mettre leur art au service de la culture en devenant les chantres de ce monde particulier, celui des gens d'eaux et de faire passer histoires, mémoires et savoirs.

Lire la suite

×