Le flottage dans les Vosges

Le flottage

Ce mode de transport était très populaire dans les Vosges.

Il faut se souvenir que les entreprises se trouvaient elles mêmes sur les rives des rivières et

qu'elles utilisaient la force du courant pour faire tourner les haut-fers et autres machines par le biais de la roue du moulin.

Cette technique de transport fut utilisée sur la Moselle, principalement entre Remiremont et Epinal.

Mais en fait, dans notre département, c'est surtout sur le bassin de la Meurthe, que le flottage a été pratiqué à grande échelle.

Sur cette rivière, la ville de Raon-L'étape était le grand pôle de concentration des bois en attente de départ.

De là, les convois partaient vers Nancy, Metz voire quelques fois bien plus loin.

Ensuite, les ''flotteurs'' (les hommes qui menaient ces trains de bois) rentraient chez eux… à pieds.

Pour ce faire, un chemin de 1,50m de large devait leur être laissé libre d'accès tout au long des cours d'eaux fréquentés.

Rien que sur la commune de Raon-L'étape, on ne dénombrait pas moins de 250 flotteurs.

Que ce soit sur la Meurthe ou sur la Moselle, le flottage était un travail dur où le danger était toujours présent.

Aujourd'hui, nous pourrions dire, pour présenter leur métier d'une manière légère et simpliste, qu'ils faisaient du rafting,

mais eux le pratiquaient pour vivre, sans aucune protection. Leurs embarcations pesaient plusieurs

tonnes et ils n'avaient qu'un vague gouvernail et une perche de bois pour les diriger.

De plus, les ouvriers travaillaient debout en équilibre sur des billes de bois dont la trajectoire pouvait être problématique et aléatoire sur des rivières en crue. Pour faciliter leurs tâches, les cours d'eaux devaient être entretenus et aménagés (vannes, retenues, canaux, ...)

 Les types de flottage,

Il y avait deux types de flottage pratiqués au fil de l'eau vive.

 Flottage de bois de boullée ou boloyage.

Ce type de flottage était celui qui était utilisé, sur des petites distances, pour le transport du bois de chauffe.

Lorsque du bois était commandé pour les fours des tuileries, des verreries, des boulangeries, des faïenceries, etc.…

il était jeté dans la rivière en amont et le ''flotteur'' le récupérait sur le lieu de destination grâce à un barrage

fait avec des longues perches de bois.

Il remontait ensuite les bûches une à une sur la terre ferme à l'aide d'une gaffe, (crochet en métal monté au bout d'un manche en bois),

il les stérait, et le tour était joué.

 

Une gaffe

 Flottage des voiles ou voilage.

Ce deuxième type de flottage était, de loin, le plus important. Il concernait d'une part, le transport de ''bois de marnage'' (bois de charpentes

fait à la hache par des manœuvres forestiers : les ''marnageurs'') et d'autre part, le transport des produits de scieries

(planches, madriers, bastaings, …).

Ces éléments étaient assemblés entre eux pour former une sorte de train de radeau que l'on appelait une ''voile'.

A : Planche

B : Assemblage de 10 planches

C : ''Bosset'' : radeau fait de l'assemblage de plusieurs éléments B

1 : ''Harts'' lien de fixation fait en branchage

2 : Planches permettant de relever et de gouverner le bosset de tête

3 : Planches avancées en guise de butée contre le 1er bosset

4 : Liens en branchage servant à relier 2 bossets ensemble

5 : Ailes ou ailerons

6 : Traverses

 La fin du flottage et les nouveaux transports,

La marche du progrès balayera rapidement ce type de transport ancestral.

Il faut dire qu'avec une vitesse moyenne de déplacement de 2 km à l'heure, les nouveaux moyens

de transports mécaniques eurent tôt fait de s'imposer.

De plus, avec l'arrivée de l'automobile, les routes retrouvèrent une fonctionnalité de plus en plus évidente

et cela relança la réfection des vieux chemins impraticables par temps de pluie.

Quand au réseau ferroviaire, il connut une ascension vertigineuse et il eut vite fait d'étendre sa toile dans une bien

plus grande mesure que celle que l'on connaît aujourd'hui.

Le canal de l'Est participera lui aussi au transport du bois, mais bien vite, il subira la concurrence du railet de la route

 Toutes les bonnes choses ont une fin ,

Avant de clore la présentation de cette rivière, j'aimerais vous conter une dernière petite histoire.

Après, nous laisserons la Moselle continuer son petit bonhomme de chemin.

 

 La confluence de la Moselle et de Meurthe

La Moselle et la Meurthe se rejoignent à Frouard, au lieu dit " la gueule d'enfer ".

La légende raconte qu'un Seigneur du Château de Frouard vexé d'être éconduit par la jeune beauté qu'il convoitait,

décida, en guise de punition, de la faire pendre en cet endroit.

Le jour de la pendaison, ce sinistre seigneur fut frappé par une chute de pierre qui le précipita dans la Moselle.

On raconte aussi que son corps fut emporté directement chez Satan.

 

 La confluence de la Moselle et du Rhin

 

A Coblence, la Moselle (en face) et le Rhin lient leur destin et s'en vont ensemble rejoindre la Mer du Nord.

L'arrivée de ce long voyage se termine dans le delta Rhin/Meuse aux Pays-Bas.

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